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Écoutant sur le web la station de progressive rock Aural Moon, je viens d’y prendre une  petite madeleine. Un beau morceau qui mélangeait folk andin et prog, ça me disait quelque chose, je regarde le nom des artistes… Los Jaivas ! Oh bon sang, je n’avais plus pensé à ce groupe depuis… Depuis très longtemps, en fait.

Je ne pense pas avoir jamais eu de disque de Los Jaivas, mais très curieusement je les ai vu en concert, une fois — dans la banlieue de Limoges. Oui, cette même banlieue que j’évoquais en passant dans mon billet précédent, cette affreuse et grise et triste banlieue nichée sous un supermarché, au bord d’une autoroute, l’endroit le plus disgracieux et cafardeux où mes parents aient jamais eu l’idée de s’installer. Un jour, il fut question d’un concert de musique des Andes, dans un local du coin, et par désœuvrement nous y allâmes. Grosse surprise : sous couvert d’attirer du public pour écouter « El condor pasa », ce petit groupe chilien glissait peu à peu à sa propre musique, et… Wow! Mais c’était du progressive rock!! Mon genre favori! Il est rare d’entendre du prog live, quand on est en France, et à plus forte raison par surprise et dans un cadre aussi famélique… Quelle était donc l’existence de ce groupe, pour qu’ils se retrouvent à jouer dans un bled pareil? Leur fiche sur wikitruc dit que la formation existe depuis 1963, et qu’ils jouent toujours, j’imagine que ce ne sont plus les mêmes membres, j’imagine aussi que durant les années 1980 sans doute se trouvaient-ils en exil, pour fuir la dictature de Pinochet?

Une autre fois où j’entendis du prog par hasard, ce fut à Bordeaux, également dans les années 1980, où passant devant la gare un jour d’octobre j’eus l’impression que des flots de musique verte coulaient par toutes les ouvertures. Il s’agissait d’un concert gratuit de Minimum Vital, le groupe des frères Payssan.

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