#2416

Je vois cela un peu comme une « quatrième période » dans ma vie… Il y a eu la période de l’enfance, qui pour moi se confond surtout avec des images de la Bretagne et de la Touraine… Puis une deuxième période, ma jeunesse en région parisienne, l’architecture pompidolienne de Cergy-Pontoise ville nouvelle… Troisième période, arriver à Lyon un peu par hasard, trouver un job, faire ma vie dans cette région de France si éloignée des racines familiales, fonder les Moutons électriques… Et maintenant ? Eh bien maintenant je m’organise pour quitter le « deux-quatre-cinq » et tourner une nouvelle page, en allant m’installer à Bordeaux.

Remarquez, les Moutons électriques ne quitteront pas réellement pour autant le Rhône-Alpes: avec le siège social situé maintenant à Montélimar (avec les archives, la co-direction littéraire et la revue Fiction), le directeur artistique et le « chef de fab » qui restent bien sûr lyonnais, et un petit local bientôt loué à Lyon comme entrepôt local des Indés… les racines rhône-alpines des Moutons ne sont pas près de se flétrir — et je sais que j’aurais à faire moult voyages en avion Bordeaux-Lyon…

Mais quoi qu’il en soit, Bordeaux ce sera, pour moi. J’y avais fait mes études, ç’avait donc  été la première ville de ma vie indépendante, une ville pour laquelle j’avais eu un énorme coup de cœur. Alors, vaguement, je m’étais toujours dit qu’un jour lointain, quand j’aurai 50 ans, je reviendrais à Bordeaux… Et puis au triste été 2012 je me suis rendu à Bordeaux en compagnie du Genevois Vincent Gessler, pour les obsèques de mon vieil ami R. C. Wagner, et là j’ai réalisé qu’il était grand temps. Les fameux 50 ans, je les ai atteint en septembre dernier. Après 28 années de vie lyonnaise, après avoir déjà changé ma vie une première fois il y a 10 ans pour la création des Moutons électriques, je ressens l’envie, le besoin, de changer de cadre, de style de vie. J’ai donc trouvé à louer une belle échoppe (terme bordelais désignant une maison de ville d’un type local particulier, du gascon « choppa »), dans un coin tranquille près la gare et pas trop loin du centre-ville, et dans un mois, j’espère, je devrais installer mes pénates en terre bordelaise. Et en attendant que cela se concrétise, cette pensée m’emplit d’une douce jubilation. Changer de lieux, changer d’habitudes, changer de lumière, changer de climat…

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