#2841

Mes lectures ces derniers mois furent assez peu orientées vers la fiction, je ne sais trop pourquoi — oh j’ai tout de même lu ou relu les novellae sélectionnées pour la soirée du 27 novembre, et Les Enfants terribles de Cocteau (dont je remarquais half-jocklingly ce matin chez une copine que « j’ai plutôt regretté que la lumineuse homosexualité assumée du début sombre dans de regrettables errements hétérosexuels dans la suite du roman », mais je le pense sérieusement), mais sinon j’ai plutôt voleté d’un essai à un autre, ou à des biographies. Ainsi ai-je lu en rentrant de Londres un chouette essai psychogéographique sur les parkings de supermarché — si. Ces jours-ci cependant j’ai entamé l’un de mes péchés mignons : la lecture du nouveau « Bryant & May » par Christopher Fowler.
 
Remarquable qu’une série aussi étrange et originale puisse avoir ainsi atteint son dix-huitième volume, et c’est un recueil de nouvelles, en plus, ce qui est réputé être « invendable » (c’est le deuxième). Je lis toujours la série de Fowler avec un mélange d’excitation et de jubilation, teinté d’admiration assurément : son cocktail hautement personnel de passions incarnées en une suite de polars, s’accorde idéalement et tout à la fois à mes propres goûts (pour le folklore et la psychogéographie de Londres, pour les « détectives de l’étrange » et pour la forme classique du roman policier) et à mes aspirations : lorsqu’il y a une bonne quinzaine d’années (or is it rather twenty?) je m’étais lancé dans l’écriture des enquêtes de Bodichiev (qui paraissent maintenant sous le pseudonyme d’Olav Koulikov, chez les Saisons de l’étrange), c’était en m’imaginant que l’on ne saurait être un bon écrivain qu’en écrivant sur ce qui nous tient intimement à cœur. Une conversation avec un ami the other day m’a remis en tête le sot commentaire d’un comité du CNL, qui me refusant une subvention d’écriture estimait quelque chose comme « On ne comprend pas où vous voulez en venir »… Uchronie & polar, ç’en était trop pour la culture littérature blanche de ces lecteurs officiels, apparemment, misère. Enfin, après des masses de refus au fil de longues années, et un premier accord qui ne me satisfaisait guère, mon enquêteur a trouvé sa niche idéale chez un petit éditeur de « détectives de l’étrange » — et je ne saurai exprimer à quel point c’est un bonheur pour moi. Un court roman est en lecture chez eux et j’avance tranquillement sur un troisième recueil de nouvelles, avec des envies / idées encore ravivées par mon récent passage à Londres.

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