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Faut-il donc l’avouer ? Le goût sucré de Bordeaux pour moi, de manière intime, ce n’est pas le cannelé : peut-être n’était-il pas encore si présent, dans le mitan des années quatre-vingt qui me vit effectuer mes études ? La pieuvre Baillardran n’avait-elle pas alors encore poussé tous ses tentacules ? Ou bien, plus sûrement, mes finances d’étudiant crevard me firent-elles éviter sans même y songer friandise si coûteuse ? Toujours est-il que je ne découvris le charme du cannelé qu’un peu plus tard et que, dans mes souvenirs, c’est une viennoiserie bien plus ordinaire — non pas cette chocolatine dont je découvris avec ébahissement que ces sauvages de Lyonnais la nommaient « pain au chocolat » —, juste le pain au raisin, vous savez, cet escargot, qui fit durant trois années mon alimentation principale et dont pourtant je ne me suis pas écœuré, une dame dans le hall minable de l’IUT en vendait d’énormes pour vil prix, et ce goût m’est resté, délice encore, souvenir et gourmandise.

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