#2813

C’est l’heure où la cheminée se détache en rose-doré sur l’azur pâlissant, où ce dernier semble poudreux, où l’ombre monte de sous les buissons, où les arbres murmurent, où une brise caresse, où s’agitent les longs bras du micocoulier, où le figuier frotte ses mains, où la maison s’emplit de pénombre et le grand ciel de clarté.

#2784

Dans ma jeunesse, les films de Jacques Tati passaient à la télé — eh oui. J’ai donc du voir chacun quatre ou cinq fois, et j’en ai conçu un attachement inépuisable à ce grand monsieur. D’où l’hommage que je lui ai rendu dans le deuxième recueil d’Olav & Viat Koulikov, Souvenirs d’un détective à vapeur (aux Saisons de l’étrange). D’où aussi, je le notais sur mon blog à l’été 2002, « Et comment ne pas craquer, lorsqu’on est comme moi un « fou de villes », devant le portrait à la fois léger et profond d’une bien belle nuit blanche en ville… Tati fut-il une des influences décisives qui firent de moi le « flâneur urbain » que je suis devenu? Peut-être. Sans doute. » Et un ami me fit un jour de 2004 le plus beau des cadeaux : il m’amena par surprise le long de la côte vers Saint-Nazaire, jusqu’à… Saint-Marc-sur-Mer — la plage des Vacances de monsieur Hulot ! Avec l’Hôtel de la plage, absolument inchangé depuis l’époque, et une petite statue de Tati…

#2761

Me trouvant de nouveau en pleines lectures de Simenon, dans une nouvelle à Deauville où tous les messieurs du beau monde portent un chapeau melon (gris, c’est plus chic), et venant de taper au propre le début d’une mienne nouvelle, où la police porte aussi le melon (noir), il me revient en mémoire ma légère déception, lorsque je faisais mes premières excursions à Londres, au début des années 80, de réaliser que le chapeau melon était désormais tout à fait passé de mode, même à la City — je n’ai le souvenir que d’y avoir vu une unique fois un banquier portant melon.

#2668

Réinsertion graduelle dans le quotidien. Chaque fois que je rentre d’un voyage, cela me fait le même effet : non, je ne parle pas de la fatigue (quoique je vienne de passer une semaine à me remettre véritablement), mais des souvenirs qui remontent en mémoire, des images qui viennent en tête, un coin de rue, une perspective, tous ces fragments, ces brefs aperçus et impressions qui m’enrichissent désormais et que je savoure comme par bouffées. Oh, et j’ai même continué à boire du thé du Yorkshire, c’est dire.

#2635

Douceur tourangelle d’un week-end. Les bords de Loire, avec les blanches beautés successives de Candes, Montsoreau, Notre-Dame-des-Ardilliers et Saumur. Le fleuve large et miroitant. Les collines fondant dans la bruine. Le chant du coq en pleine nuit (!). Les mésanges à longue queue qui fondent en escadrilles sur les boules de graisse installées prés de la maison. Une coupelle sombre pour le bain des volatiles posée sur le vert tendre d’une table métallique. Un clafoutis aux cerises aigres avec les noyaux.