#3054

Au mépris de mon rhume des foins et par curiosité pour mon environnement du week-end, j’ai effectué un petit tour des prairies, en commençant par celle du bas et en tournant autour du domaine. Pour mon œil citadin, le spectacle pourtant ordinaire d’un pré au matin prend l’aspect d’une audacieuse expédition botanique : trois ou quatre graminées différentes, dont les hautes hampes de la dactyle, les flocons brumeux et rosés de l’avoine… et puis çà et là cette flore gracile : le mauve du trèfle et des centaurées, les minuscules bouquets blancs des oenantes, le jaune des renoncules, celui du lotier ou des séneçons, un peu de menthe blanche. Des océans d’herbes caressées par le jour, et plus loin, chez le voisin, le cataclysme du dernier orage qui a brisé deux vieux chênes, jonchant le bord de la prairie de branchages tordus et gris de lichen.

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