#2709

J’ai passé le week-end avec le cœur empli d’une tendresse immense, celle pour mon vieil ami Roland C. Wagner, dont je suis venu explorer à Auch les archives. Grâce à l’immense gentillesse de Sylvie Denis sa compagne — et avec la bénédiction de sa fille, Natacha, merci à vous deux — ce ne fut pas un événement triste, je redoutais un peu mes propres émotions ; au lieu de quoi, à remuer toute cette paperasse, à explorer son ordinateur et à soulever tous ces cartons, j’ai souvent ri, retrouvant la légèreté, la fantaisie et les passions de mon grand copain, m’amusant de détails, m’attendrissant d’une lettre de refus ou d’une photo, m’émerveillant de découvrir des nouvelles de jeunesse, des notes manuscrites, le début de son dernier roman, des interviews… Maintenant j’ai un gros travail devant moi, bien entendu, mais ce sera avec un vrai plaisir et je me sens le cœur plus calme.

(Photo : le bureau du Mac de Roland)

#2708

Suis en pays inconnu : ayant pris un car à Agen, je m’enfonce dans ce cœur de Gascogne que je ne connais pas, à bord d’un véhicule cahotant de petite ville en petite ville aux noms inconnus de moi, en compagnie de quelques Anglais — direction Auch. Tuiles romaines. De jolies routes dans une campagne vallonnée dont l’automne commence à peine à faner la verdeur sous le ciel voilé. Un héron blanc marche au sein d’un troupeau de vaches pâles. Des mares brillent çà et là dans des replis de terrain, entre les labours sombres.

#2707

L’un des attraits des voyages ferroviaires se trouve dans le mystère des chemins. Toutes ces sentes que l’on voit courir depuis le point de vue de la voie, dont on ne sait pas et ne saura jamais vers quel horizon elles s’ouvrent, vers quelle destination elles filent. Large allée crayeuse dans une forêt de pins, chemin sinueux de terre ocre entre les genêts, sentier sableux au sein des vignes, miroir rectiligne d’un canal, coude d’une rivière ombragée de saules, traces parallèles franchissant un pré, petite départementale sous les fuseaux drus des cyprès, escalier montant au bord d’un talus, route grise contournant une colline sous le regard d’un cheval blanc…

#2705

Je lis ces jours-ci un polar qui date de 1968 (par Lilian Jackson Braun), se déroulant dans les milieux de l’antiquité-brocante. Et il est amusant de voir qu’est-ce qui pouvait plaire alors comme antiquailles, et d’avoir le recul constant de devoir se dire que l’on est à l’orée des seventies, donc que leur mobilier neuf est de nos jours devenu objet « vintage » — j’ai aimé par exemple la mention de la porte en bois d’un réfrigérateur. Quant à la tenue de paon de la belle héroïne ou les compliments qu’attire la moustache du héros, eh bien, seventies again.