#1405

Gérard Collomb réélu au premier tour, avec six arrondissements sur neuf déjà à gauche, et notamment le troisième, où j’habite, qui a envoyé un coup de pied au derche franc et massif à l’odieux Jean-Marie Perben. Voilà qui me fait très plaisir! Non que Collomb soit terriblement à gauche, d’ailleurs. Mais il sait s’entourer. Une inconnue: qui reprendra la culture, Patrice Béghain ayant pris sa retraite? C’est bien entendu un point crucial à mon sens.

Lu Le Combat ordinaire tome 4, de Larcenet. Cet artiste-là m’épate absolument. Lors de ses premiers albums, chez Fluide et Glénat, je le trouvais lourd, peu intéressant. Et puis… il a évolué, sacrément. Au point de devenir un des vrais grands actuels de la bande dessinée. À lire son Combat ordinaire j’éclate de rire et j’ai des larmes aux yeux, en même temps. Et cette pertinence politique! Merci monsieur Larcenet.

#1404

Je bosse en ce moment sur la version « hardcover » du recueil de Fabrice Colin, Comme des fantômes, qui sort aux Moutons électriques fin avril. Surveillez bien le site: il va s’agir d’un très beau tirage limité à 60 exemplaires, cartonné-toilé sous jaquette (comme le Jeury et les deux essais, déjà) comprenant… plus d’une cinquantaine de pages de bonus! Une nouvelle, un après-propos et une longue sélection/réécriture d’extraits de son blog, plus pas mal d’images en plus. La jaquette originale est l’oeuvre de monsieur Sébastien Hayez – très différente de la somptueuse couverture d’Arnaud Cremet pour le tirage normal, déjà montrée ici, mais ô combien séduisante dans sa différence:

#1403

C’est à la fois fasciné et avec une sorte de crainte que j’avance toujours dans la biographie d’Oscar Wilfe par Neil McKenna. « Crainte » au sens de… de suspense, ma foi, comme si pourtant je ne savais pas le résultat de cette existence. Mais toute cette bio tend vers le procès final, et les dangers s’accumulent sur ce fou d’Oscar. C’est beau, poignant. Et absolument passionnant!

Du coup, regardé « The Importance of Being Earnest », la version ciné avec Colin Firth et Rupert Everett. Incroyable: presque chaque réplique est « culte ». La bio explique que pressé par le temps et les dettes, Wilde écrivit très vite cette pièce, dernier chef-d »oeuvre, et utilisa peut-être pour cela des citations de lui-même, de ses réparties dans des soirées, notées par un ami.

#1402

Entre deux re-visionages des Woody Allen, j’ai regardé hier soir le Mary Shelley’s Frankenstein de Kenneth Branagh. Je ne l’avais jamais vu et me demandais depuis longtemps pourquoi tout le monde l’avait ainsi enfoncé, pourquoi il avait fait un tel flop. Maintenant je comprends: ce film est superbe.

J’imagine que les gens voulaient un deuxième daube comme le Bram Stoker’s Dracula de Coppola (qui co-produisit le Branagh), un bon gros film hollywoodien, avec un casting lamentable, une script-girl incompétente et des effets spéciaux pour épater le bas peuple. Yeah! Eh bien c’est sûr, là, c’est la déception: un film historique typiquement britannique, un casting formidable, de la grâce et de l’esthétique… Finalement, il est certain qu’on a là un film nettement plus proche d’une adaptation de Jane Austen ou des réalisations de James Ivory que d’un blockbuster d’horreur. Branagh, quoi. Un tel décalage fut forcément fatal au succès commercial. Reste une très belle oeuvre, pourtant.

#1401

Where no man (in a sane mind) has gone before. La nuit dernière, expédition à Craponne. Dans une Kangoo jaune, avec musique de Michel Sardou un moment en fond sonore. Brrr. Ah, et j’oubliais presque: au sein d’une sévère tempête de neige. Tout ça pour aller voir une pièce de Tchekhov, on n’a pas idée! Ils ont pas de salles, à Lyon, que le Conservatoire est obligé d’aller enterrer ses spectacles dans une fort lointaine banlieue?

Et puis c’est riant, Craponne. « Fastfood »: ah ben non, plus de pizzas avant 1h40. Nous échouâmes vers minuit, au retour, les estomacs hurlants, dans le parking obscur d’un MacDrive suburbain, la loupiotte éclairant juste assez le dehors pour que l’on distingue une rangée de poubelles vacillant sous la bourrasque nocturne.

La pièce, sinon, était bien chouette. On m’avait annoncé une mise en scène genre David Lynch, en fait c’était franchement les Robins des bois à Halloween. Très marrant, très grinçant, impeccable. Si seulement on n’avait pas subit la première partie, ç’aurait été encore mieux: le théâtre intello dans toute sa caricature, avec diction entre ânonnements et beuglements gratuits, dialogues en abstractions de querelles hétéros et dramaturgie prétentiarde.