#2786

En me promenant sur les sites d’autres éditeurs, je trouve quelques propos dans lesquels je peux aussi reconnaître les Moutons électriques…

Chez Le Sonneur : « Sans d’ailleurs que nous n’ayons jamais eu le sentiment de suivre une autre « ligne » que celle de nos coups de cœur : bien souvent, le sens d’une maison n’apparaît, y compris à ses fondateurs, qu’avec le temps. Belle leçon de l’expérience : on ne défend bien que les textes que l’on aime, sans souci de coller à telle ou telle actualité, à telle ou telle mode. »

Chez Le temps qu’il fait : « Assumant pleinement leur statut de petit éditeur, elles poursuivent (…), non sans faire, avec plusieurs autres, ce constat quelque peu désabusé : le rétrécissement de leur rôle (poisson-pilote ou voiture-balai), la raréfaction des grands lecteurs, l’accroissement des coûts réels de diffusion, la diminution de la reconnaissance médiatique ne sont que les symptômes apparents d’un profond bouleversement de la vie du livre — dont il incombe à chaque acteur, de l’auteur au lecteur en passant par tous les médiateurs possibles, de retarder la déconfiture, avec acharnement. »

Chez les éditions Do : « On a beau savoir que cela va être très difficile, qu’on a de très bonnes chances de ne jamais décoller, que si on décolle on a des chances meilleures encore de se rater à l’atterrissage, on a beau savoir tout cela, on y va quand même. »

#2785

« Chacun d’entre nous chaque nuit, chaque jour, chaque heure, chaque minute, passe en revue, trie, écarte, réécrit les détails qui nous permettent de mener notre vie — actes de révision équivalents à ce qu’un écrivain commet professionnellement sur la page. Faites le bien, et vous êtes mentalement sain. Faites-le mal, et vous êtes fou. Fondamentalement, nous ne comprenons les autres que comme des réfractions à travers l’optique de notre moi, et la fiction non seulement offre une construction alternative, mais dans sa meilleure expression permet au lecteur d’habiter, et, plus important, d’entrer en empathie avec une autre conscience (…) » (Chris Ware)

#2781

« To me, dystopia has lost its bite. A, we’re living in it, and B, it’s such a complete crushing series of cliches at this point. The tropes have all been worked and reworked so many times. (…) A positive vision of the future articulated through principles of tolerance and egalitarianism and optimism and the quest for scientific knowledge, to me that’s feels fresh nowadays.( (Michael Chabon)

#2767

« Le ciel avait pris brusquement un air automnal. De lourds nuages violets, pareils à de fabuleux vaisseaux en lévitation, montaient gueule et panse en avant à l’assaut d’une fantomatique escadre de fins voiliers tordus par le vent. Au-dessous, une armada de longs sous-marins rouges assiégeait le soleil. Une bruine tiède flottait dans l’air… » (Michel Jeury, L’Univers-ombre)