#2494

Sur une plage, une légère dépression dans le sable humide attirait mon regard, je me penchais dessus, pour voir en émerger une minuscule tête de cheval parfaitement formée, noire, puis le corps de ce petit animal, qui se hissait hors du sable en appuyant sur ses pattes avant : la fin de son corps s’enroulait noir et luisant comme une anguille. J’avais l’imprudence d’avancer un doigt et la bestiole de me mordre jusqu’au sang. En secouant la main pour le décrocher, j’ai envoyé l’animal valdinguer dans les vagues.

Ce sont des saloperies, les bébés kelpies ; foutus chevaux carnivores !

#2490

Entre deux rasades de Jaworski, j’ai entamé hier soir la lecture de The Animals, le recueil de correspondance entre Christopher Isherwood et Don Bachardy. Il sera dit que je ne cesse de revenir sur la vie d’Isherwood, lisant et relisant outre ses romans, ses journaux, ses bio, et maintenant les lettres d’amour avec son compagnon de toujours. Dire que c’est touchant est un euphémisme, en plus d’être passionnant. Et il faut croire que ça m’a  marqué, car cette nuit-même j’ai fait un rêve assez étonnant. Je ne m’en suis pas rappelé tout de suite, c’est une fois sous la douche que soudain, boum! le souvenir m’est revenu, troublant, étrange. Je me trouvais dans la position de professeur dans un collège, et je remarquai au premier rang deux élèves : moi-même jeune et mon premier amour, E. Avec amusement et tendresse, moi-prof constatai que moi-jeune embrassai E. sur la joue et dans le cou, et moi-prof se disait que les choses semblaient bien engagées pour ces deux-là. Mais je ne voyais pas moi-jeune comme tel, j’étais juste vaguement troublé de reconnaître cet élève mais sans trop savoir pourquoi, et idem d’E. Pfouh, il y avait bien des années que je n’avais pas rêvé d’E. Et ensuite, moi-prof allait courir, une activité qui relaxait cette identité parallèle (courir? mais quelle horreur!), j’étais en banlieue parisienne, dans la campagne proche de Ste-Geneviève-des-Bois telle qu’elle était lorsque Michel Pagel habitait dans le coin.

#2475

Ce matin j’ai rêvé d’une grande ville à la campagne, le souvenir s’estompe déjà mais m’en demeurent quelques impressions entre Londres et Lisbonne… Je ne sais pourquoi je pense tant à cette dernière, ces jours-ci, si ce n’est qu’il s’agit d’un de mes coups de cœurs, un des voyages que j’ai préféré. Qu’est-ce qui fait que j’ai tant aimé Lisbonne, San Francisco, Édimbourg ou Venise et que j’ai moins eu de feeling pour Amsterdam, Florence, Vienne ou Barcelone? Mystérieuse alchimie des villes.

Je crois que si j’avais de l’argent, je voyagerai pas mal. En l’état, eh bien, au moins puis-je me réjouir à la perspective d’un petit tour à Bruxelles en mars prochain (pour la foire du livre) et, plus encore, d’une semaine à Londres réservée en compagnie d’une amie chère pour début avril. Je note déjà des expo qu’il faudrait que l’on aille voir – Tove Jansson au South Bank, l’art queer à la Tate Britain, le nouveau musée du design…

Mais les façades multicolores de Lisbonne hantent étrangement mon paysage mental en ce dernier matin de l’année.

#2424

Les mystères du rêve : j’explorais à la fois physiquement et par survol aérien un archipel au large de Vancouver, où aucune île ne se nommait Victoria mais où il y avait une île Bordeaux et plein d’autres, jusqu’à loin sur l’océan… certaines reliées par de larges passerelles en bois…

#2418

Que je sois heureux dans cette bonne ville de Bordeaux, au plus haut point, ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais on en manque tout de même un tantinet, d’ombre, cette semaine, au point que des fois je me dis que j’aurai peut-être du déménager pour Aberdeen, une ville comme cela… Enfin, j’ai dormi une partie de cette nuit sur le matelas d’appoint, dans le salon, et retrouvé mon lit sous le toit aux petites heures fraîches. C’est curieux comme, l’été, je peux penser plus souvent aux amis perdus de vue. On croise tant de monde, dans une vie. J’ai rêvé ce matin de Vincent A., certainement le garçon le plus incroyablement beau que j’ai jamais eu la chance de connaître. Et me sont revenus en mémoire les clichés qu’un copain photographe avait pris de lui, que j’ai toujours regretté de ne pas avoir. Deux photos seulement, bien gravés dans mes souvenirs.