#2306

Ces derniers jours j’étais patraque, rien de grave, juste une petite crise de mon problème de digestion chronique — peut-être avais-je consommé du glutamate sans le savoir, enfin bref. Ce matin, après pourtant une nuit passablement blanche, je me suis levé étonnamment gaillard. J’ai donc décidé d’aller me promener un peu, en tentant une idée que j’avais eu. C’est fou ce qu’un simple billet de bus peut vous conduire loin. Car voyez-vous, la marche à pieds c’est bien, le vélo c‘est chouette, mais je ne peux explorer aussi loin que je le voudrais mon environnement bordelais, tout de même.

J’ai donc rejoins le bus 91, sur l’autre rive, et l’ai pris… jusqu’à son terminus, à Ambès. Le but étant de voir comment c’est, tout au long du fleuve… Et je ne suis pas déçu : intéressant de voir comment la ville cède vite la place à un long balbutiement entre ruralité et industrie, ici les ziggourats d’engrais et de pétrole, ici les prés et les blés, quelques villages et beaucoup d’espace naturel, tandis que l’eau enfle, s’élargit, ample Garonne qui descend vers sa confluence avec la Dordogne. Çà et là des panneaux rappellent le contexte fluvial, « Cale de mise à l’eau », « Voilerie de l’estuaire », « douane pétrolière »… Toute la rive se piquette de cabanes perchées, sauf dans les zones véritablement portuaires, où j’ai vu un beau tanker orange vif amarré auprès des hauts zigzags de passerelles en ferraille et des grandes grues. Après un curieux cimetière de caveaux pyramidaux alignés en rangs serrés, le terminus s’avère une déception, Ambès n’est qu’une bête banlieue sans âme, les pavillons alignés comme les tombes précédentes, aussi vivants. Une banlieue de rien, l’extrémité de cette terre n’est que zone industrielle. Et le bus 92 ne coïncide pas, j’espérais rentrer par le bord de l’autre fleuve, tant pis, je fis le retour comme j’étais venu, voyant d’autres choses, observant les yeux bien ouverts ces paysages du lointain bordelais, à la fois anodins et poétiques.

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#2302

Je viens de rentrer d’une semaine de voyage, fourbu mais content, après être allé de Bordeaux à Cracovie et Ostrava en passant par Paris, Douai et Lille. D’un dîner parisien en bistro gastronomique avec mon « fils préféré », comme dirait Olivier, jusqu’à la Braderie de Lille avec plein de copains, en passant par une visite éreintante mais passionnante de l’usine de l’imprimeur tchèque des Moutons électriques, pour le façonnage de la nouvelle et ventripotente mouture du Panorama illustré de la fantasy & du merveilleux.

Côté lecture, ces déplacements longs furent l’occasion de lire deux manuscrits (sur ma liseuse), mais aussi la traduction nouvelle de Kallocaïne de Karin Boye (que je publie en janvier prochain), subtil et admirable chef-d’œuvre dystopique suédois ; et un vieux polar amusant, La Maison de la terreur de Carter Dickson. Ah oui, aussi : Fantômette chez les corsaires, de Georges Chaulet bien entendu, un des huit titres de la série qui me manquait encore et que je venais de chiner à la Braderie.

« Nous couper la tête? Mais ce serait terrible! Comment ferais-je pour manger? » (Boulotte)

#2301

Belle journée encore, chez un fou de claviers — nous étions entourés de plus d’une vingtaine de synthés, c’était magique, vraiment magique, et vu aussi un concurrent de l’onde martenot, un thérémine tout neuf, une boîte à musique d’époque Napoléon III grande comme une armoire genre steampunk, avec des disques métalliques perforés, immenses… wow wow wow.

Et maintenant, en route vers de nouvelles aventures : je m’absente une semaine, pour des voyages qui passeront par Paris, Cracovie, la République tchèque (pour aller signer et vérifier le tirage du Panorama chez l’imprimeur), Douai et Lille-Braderie…

#2293

Il y a déjà dix-sept mois de cela, j’avais décidé avec Laurent Queyssi de réunir mensuellement différents copains bookaholics pour un dîner, le premier lundi de chaque mois. Les premiers temps, nous nous réunissions au préalable dans un pub irlandais puis nous divaguions de par les rues jusqu’à trouver un resto qui nous séduise. Mais cette méthode nous plongeais dans des lieux trop bruyants et pas réellement assez conviviaux pour une telle réunion-bavardage. Ces derniers mois, nous avions donc fait cela à plusieurs reprises à mon domicile, ainsi qu’une fois chez Laurent pour une barbecue estival. C’était très agréable, mais depuis le début nous rêvions de trouver un lieu d’accueil genre bistro ou resto, un havre comme celui qu’a déniché la soirée BD mensuelle « Neuvième case » dans la salle arrière d’un bar : le luxe d’un coin privé dans un endroit public. Eh bien, cette fois il semblerait que nous ayons fait la bonne pioche avec la librairie-galerie-bar Zone du Dehors. C’est là qu’hier soir, en lisière du quartier Saint-Michel, sur le cours Victor Hugo,  nous fûmes hébergé en soirée privée, pour notre 17ème repas SFBDciné. Et que souhaiter de mieux qu’une très belle librairie, où la « tendance geek » est cultivée et où, sous une haute verrière, l’on mange bon et sain? Ainsi devisâmes-nous jusqu’au-delà de minuit, tandis que la pluie heurtait le verre en chocs mats sous un ciel nocturne zébré d’éclairs, occasion pour Ludo et Patrick de discuter de blocage de miroir (don’t ask). C’était bien, quoi.