#2986

« Il s’offrît un verre de bière. Il avait promis au docteur Pardon de ne plus exagérer. Mais pouvait-on dire qu’il est exagéré de boire, pour toute une journée, trois verres de bière à la pression ? » Maigret picole tranquillement, moi pas, ma drogue de prédilection étant le thé. Et je n’exagère plus : je suis passé ces dernières années de trois théières par jour, ce qui était sans doute un tantinet trop, à une théière et demi tout au plus. Imperceptiblement, les habitudes changent, je m’humecte moins.

#2982

La fin de traîne de la tempête me priva ce matin de ma coutumière promenade urbaine du samedi, cette si précieuse respiration avec un camarade, et je sortis donc à peine, le temps juste de me rendre à la librairie voisine acheter le nouveau petit Julien Gracq, avant que vents et pluies ne sévissent de nouveau. Et hélas le couvre-feu me coupe des balades faites à la brune. Lisant ce soir le premier Visa Transit de Nicolas de Crécy, je me remémore mes impressions d’une unique nuit sous la tente, que je fis au septembre du quinzième anniversaire des Moutons électriques, cette attentive et frileuse exposition au monde – l’inverse de ce qui nous est encore permis maintenant, en cette époque d’injonctions carcérales.

#2973

Oh ce froid. On a assez peu l’habitude des frimas, ici, étant donné la coutumière douceur bordelaise. Je devais me rendre aux Capu ce matin pour voir mon fils, il passera plus tard finalement et je ne peux prétendre être mécontent de ne point sortir par cette température. Un thé bien chaud et un roman, restons cosy. Et sans doute écrire un peu. Ledit fils me disait hier qu’il trouve que je blog beaucoup moins — c’est bien possible, amateur comme je le suis des descriptions, notamment (exercices de style que j’incorpore souvent dans mes fictions), j’ai eu tellement moins d’occasion de sortir en cette année défunte, et absolument aucun voyage, donc en vérité si peu à raconter…