#880

Au moins il y a-t-il une occasion où les livres agissent concrètement sur le réel: chaque fois que le camion d’Alloin m’apporte une livraison de nouveautés des Moutons électriques en provenance de l’imprimeur, il bloque la rue le temps de descendre la palette dans la cour et les klaxons s’élèvent, biiiip-biiip, les automobilistes sont furieux d’être retenus, même brièvement.

Mais ouch: 420 Kg à monter sur deux étages, 26 colis! Épuisant.. Qui a dit qu’éditeur était un boulot d’intello? Enfin, bonheur: notre Holmes et notre Lupin sont arrivés!

#879

J’écoute énormément de musique, mais n’en parle (presque) jamais ici. Sans doute parce qu’il est difficile de parler d’un art aussi viscéral et aussi abstrait que la musique. Pourtant je ne cesse d’y baigner et depuis un an, à peu près, la boulimie musicale de mon coloc (bien pire que la mienne, déjà conséquente) m’a entr’ouvert les portes de l’univers jazz.

Mais le fait est que ce que nous préférons, outre la vieille école Canterbury, c’est le jazz français actuel — cette musique dont le magazine Jazzman déclare ce mois-ci qu’elle « n’a quasiment plus de liens, y compris dans l’esprit, avec la grande tradition américaine (…) une musique, au demeurant fort belle, fort élaborée et pleine de couleurs chatoyantes, superbement mises en relief. » Ah ah, il est clair en fait que eux n’apprécient guère… Toujours le problème des « milieux »: les artistes sortant des cadres, voulant ouvrir, n’y sont pas forcément compris et appréciés des « fans purs et durs »…

Toujours est-il qu’en jazz « classique », il y a tout de même un musicien qui m’a fait craquer depuis le début… John Coltrane. Pour écouter énormément de musique, je ne crois pas avoir tellement de « morceaux cultes ». Mais alors « A Love Supreme »… Avant même que je ne plonge un peu dans le jazz, j’étais tombé sous le charme de cette composition. Et je ne m’en sépare plus: je l’ai souvent en tête, par bribes. Pour mes 40 ans, mes amis m’avaient offert une réédition bourrée de versions différentes de « A Love Supreme »: un bonheur! Et hier soir mon coloc a rapporté le DVD et CD de l’interprétation par le Brandford Marsalis Quartet… Miraculeux, le son est là mais la compo réinventée subtilement…

#876

J’avance bien sur mon roman: heureux.

Un bête problème dans le fait d’être éditeur/essayiste: je ne prends plus, je ne trouves plus, le temps de lire les bouquins des copains… Je lis surtout « utile » et néglige trop les livres des amis! Ça ne va pas: j’ai en retard de lecture les deux derniers Mauméjean, les deux derniers Heliot, les deux derniers Pagel, une tripotée de Fabrice Colin… Hier soir j’ai décidé de m’y mettre, sacrebleu. Et j’ai pris Dreamericana de Colin, que je n’avais toujours pas ouvert. Eh! Mais c’est que ce roman est génial, savez-vous?!