#875

J’avais demandé un service de presse du recueil de Lelio, chez l’Oxymore (Douze heure du crépuscule à l’aube), vu les louanges qui m’en étaient fait. Je l’ai lu hier soir en bonne partie.

Oui, bon… Force est de constater une fois de plus que le fantastique n’est *vraiment* pas ma tasse de thé. Je ne le chroniquerai pas: je ne saurai pas trop quoi en dire. Ces nouvelles sont assurément belles, mais subjectivement je trouve ça beaucoup trop gratuit, morbide et un peu surécrit… Ce qui est l’impression que me laisse en général le fantastique… Quant au thème sur Israël, bah, il ne me parle guère non plus. En bref: certainement un excellent livre, je n’en doute pas, mais qui n’est absolument pas fait pour moi.

Tiens, c’est un peu comme les photos de Michael Kenna: objectivement très beau mais selon moi trop esthétisant, trop froid.

#874

Comme quoi ce n’est pas nouveau : « Nous vivons, se plaint-il, en un temps si barbare que quand on voit des hommes imprimer des textes propres sur un papier propre avec une encre propre tout le monde se récrie : « Faut-il qu’ils aient du temps à perdre ! Et de l’argent ! » La fierté qu’a Péguy de réaliser une revue belle et réputée est un plaidoyer concret pour la qualité. Là encore Péguy ne réclame pas, il prend sa place, il fait et témoigne car c’est la seule manière d’être juste. À quoi bon vitupérer contre le « sabotage moderne » et contre la muflerie, si on n’illustre pas d’abord par son propre geste ce « luxe » qu’est une oeuvre bien faite ? » (J-N Dumont, Péguy, Michalon « Bien commun », 2005, p.75)

#873

Pelote de liens

Des photos maritimes pas ordinaires.

Un peintre contemporain, Russell Mills — puisqu’il n’y a bien qu’en France, hélas, que le dogme de l’art contemporain rejette absolument la peinture (au profit des escroqueries intellectuelles et des facilités que l’on sait).

Une agence de pub aux animations inventives — j’adore particulièrement le graphisme « crayon » de leur site et les aniamtions « Aeroplan », « Bombay » et « Brazil ».

Suis en train de lire le nouveau roman de Catherine Dufour, très sérieux cette fois, Le Goût de l’immortalité (Mnémos). Impressionnant de maitrise. À la fois terriblement noir et d’un ton étonnamment léger, plein de trouvailles magistrales: superbe.

#872

Flûte, deux matins de suite où l’on m’interrompt des rêves intéressants… Hier vers 8h, ce sont les deux chatons qui par leurs léchouilleries m’ont réveillé au moment où j’allais interviewer Salman Rushdie. Et ce matin vers la même heure, le coup de sonnette d’un facteur me tira des songes au moment où j’allais danser au bal de l’Empereur avec un très jeune homme tout mignon.

#871

Superbe déclaration de foi sur le magnifique site du Studio Endicott:

« I believe in aristocracy — if that is the right word and if a democrat may use it. Not an aristocracy of power, based on rank and influence, but an aristocracy of the sensitive, the considerate, and the plucky. Its members are to be found in all nations and all classes, and through the ages, and there is a secret understanding between them when they meet. They represent the true human tradition, the one permanent victory of our queer race over cruelty and chaos. Thousands of them perish in obscurity, a few are great names. They are sensitive for others as well as themselves, they are considerate without being fussy, their pluck is not swankiness but the power to endure, and they can take a joke. » — E. M. Forster