#6337

J’écoute la rumeur de la ville depuis un recoin du jardin où s’attarde encore un peu de fraîcheur. Les roucoulements des pigeons se mêlent aux grincements des autobus. En dépit de l’écrasante chaleur de ces jours, le printemps s’affirme toujours, dans les pépiements des oiseaux comme dans l’intense verdure de la végétation. Les deux bambous renaissants contre toute attente érigent des lances aux teintes tendres. Le grand micocoulier bruit et frémit dans la brise qui sauve encore Bordeaux. Tout à l’heure au parc voisin, les jets d’eau brumisaient doucement les platebandes touffues et plus loin, à l’une des entrées, un jardinier poussait une danse de feuilles mortes avec le souffle d’un tuyau ronflant. Levé de plus en plus tôt, j’essaye de profiter des heures encore légères, en regrettant la rudesse auvergnate de la semaine passée.