Hier soir lors d’une longue promenade, je suis passé devant la Méca et sur son parvis, le vent hurlait — mais littéralement, de longs et suraigus hurlements provoqués je ne sais comment, le vent dans les haubans, sous la grande arche, dans les arbres, je ne sais mais le résultat dans cette portion de ville presque déserte provoquait presque le frisson, d’autant que ces temps-ci je lis pas mal de choses sur les Grands Transparents chers aux surréalistes, à Caillois et à Réda, ou bien sur les entités paramentales de Leiber dans Notre-Dame des Ténèbres, bref, sur les étranges et évanescents fantômes de notre vie urbaine.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
#2906
#2905
Il est bien fini, le silence nocturne du temps du confinement. En mon orée de banlieue enclavée par une tranchée ferroviaire, la nuit est redevenue une houle au fond de laquelle se devinent les grands soupirs des locomotives, les longs grincements des trams et le grommellement automobile, que le mouvement de l’air fait battre comme un souffle de marée.
#2904
J’écris, quatrième nouvelle achevée à l’instant et déjà l’idée d’un roman pour achever le cycle Bodichiev. J’écris, et de ce fait peut-être, je lis énormément de bédés ou de comics, mais niveau prose picore plutôt que ne dévore. De ce côté-ci de la mer de Gianmaria Testa, si court et si beau recueil paru au Sonneur. Cette brume de la mer me caressait comme un bonheur de Maupassant, anthologie d’articles et journaux sur ses voyages méditerranéens. La Femme fardée de Françoise Sagan, comédie cruelle et limpide d’un huis-clos en mer, presque un polar, conseillé par Dominique Douay. Vol de nuit de Saint-Exupéry, limpide également, conseillé par Michel Pagel. Voyage en Italie de Giono, comme son titre l’indique. La Côte barbare de Ross MacDonald, mélancolique et toxique, polar californien empli d’images photographiques et d’atmosphères mémorables. La Presqu’île de Gracq, deux longues descriptions de paysages, fragments de son grand roman de fantasy inachevé.
#2903
J’étais sur le point de vivre un drame, mais fort heureusement une ancienne stagiaire est passé hier (avec distanciation respectée : le protocole dit de « tu te tiens au milieu de l’impasse et moi j’ouvre la fenêtre du bureau »), qui m’a offert du thé fumé, aaah la bonne petite ! Je n’en avais presque plus, et effet du Brexit peut-être, le supermarché sur les quais n’a plus non plus du thé du Yorkshire. Vit ma vie de douleur.
