Eh bien, j’en suis déjà à 20 polars de Ngaio Marsh lus sur ses 32, et je ne suis nullement lassé de ce marathon de délicieux romans vintage qui, bien au contraire, semble plutôt avoir un agréable effet stabilisateur sur mon humeur, actuellement aussi calme que les longues rues vides de Bordeaux. Le Ngaio Marsh dans lequel je me trouve pour l’instant a pas mal de chiens dans son décor et je réalise n’en avoir jamais fait figurer aucun dans mes Bodichiev – quelques chats, oui, mais n’étant guère amateur de la gent canine… Des chevaux non plus d’ailleurs, sauf pour de rares allusions. Et comme oiseaux, seulement quelques corbeaux et une volée de mouettes.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
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Assis au pied du séquoia immobile j’écoute le vent, ou plutôt, le bruit que provoque le vent dans les feuillages mobiles des autres arbres : à ma gauche l’agitation nerveuse des grands tilleuls et le cliquetis de la chute des bractées, et de l’autre côté le grand souffle de marée du bosquet de chênes et d’acacias, qui déferle en vagues bruissantes. Des bruines tombent parfois, qui atteignent à peine le sol.
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Lors de mon petit-déjeuner de mûres, m’amusèrent les bruits des invisibles qui emplissent la campagne : un froissement rapide sous une haie, un coup d’ailes de l’autre côté de la barrière de ronces, les cris et sifflements des buses en haut du ciel, des hennissements de chevaux pas très loin, et plus tard les aboiements outragés de deux chevreuils qui s’enfuient en grands bonds souples d’antilopes. Les fleurs sont blanches à cette saison : celles, laineuses, des cirses, et d’une gracile élégance celles des bosquets de menthe.

