Intéressante expression trouvée dans un roman : être « dream-sick » (oui je recommence à lire en anglais, après un très long régime de littérature française). Ce matin, réveillé très tôt pour tenir un rendez-vous, je rêvais que j’étais en visite chez Marcel Gotlib. Je me trouvais en compagnie d’une copine et d’un copain — mais pas des personnes que je pourrais réellement identifier, c’est curieux ces protagonistes imaginaires — dans un grand appartement meublé de manière bourgeoise très classique, mobilier de style en bois sombre et plein de grands miroirs aux encadrements dorés et moulurés. La copine évoquait le fait d’être à Auteuil mais par la fenêtre d’un balcon se dévoilait toute une ville vue de très haut, genre depuis un flanc de colline, et des montagnes se devinaient sur l’horizon clair. Assis sur un canapé en velours rouge sombre, Gotlib penché sur une table basse dessinait à la peinture blanche des motifs sur de grandes feuilles noires, un peu comme pour un papier peint, pas du tout dans son style.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
#5101
#5100
L’application météo ne sait plus à quelles données se vouer, qui annonce des averses fantômes et repousse de semaine en semaine le retour d’une pluie d’ordinaire si habituelle pour Bordeaux. Gris mélancolique ou bleu métallique, le ciel ne promet plus rien, et le capitaine en son jardin meurtri de guetter les derniers fruits d‘une saison déjà automnale. Le minuscule miracle d’une grappe d’arbouses le fascine plus particulièrement, tandis qu’avançant sur sa nouvelle bruxelloise il rumine un peu sur une nouvelle bordelaise, au principe que ce qui est fait n’est plus à faire.
#5099
#5098
Le vent bavarde dans les feuilles du noisetier, le bleu du ciel se froisse à peine de quelques brindilles blanches, un pigeon interrompt un instant ses roucoulements pour aller boire. Dans cette paix dominicale, au réveil puis au sortir de la douche des fragments d’une nouvelle bruxelloise exigèrent d’être notés : amusant comme cette fiction permet d’exposer quelques particularités de mon uchronie, encore. Construite en flash-back à partir de l’époque de la retraite de Bodichiev, ce sera la dernière de ce recueil de voyages — dont seules deux autres nouvelles sont déjà composées.

