Me suis endormi hier soir avec le cœur lourd. Quelque part dans la nuit, la mer a regagné ses droits et recouvert Bordeaux. Depuis le vasistas de ma chambre sous la pente du toit, je vis que les vagues caressaient les tuiles et que se balançait le haut des arbres émergeant des embruns. Je m’attendais à voir des mouettes mais la chatte demanda à ce que je lui ouvre l’autre lucarne, pour qu’elle puisse bondir sur la pente. Un rêve peut-il être juste contemplatif ? Je me souviens être demeuré à regarder cet océan turquoise, le palpitant toujours chagrin, je crois qu’une petite dune hirsute occupait déjà la terrasse au-dessus du salon. Un vent soufflait, c’est son froid peut-être qui m’a brièvement réveillé. Bon bout d’an ?
Archives de catégorie : en songe
#6153
Réveillé un peu tard de rêves / souvenirs mêlés de New York et de San Francisco – fouillé dans mon ordi et dans mon blog pour exhumer quelques souvenirs. Ainsi du « You’re lying to me. Fuck, I can hear it in your voice, Christine. » (Greenwich Village, octobre 2007, un jeune homme de type latino, cassé en deux sur un téléphone public au casque de Plexiglas bas placé). La photo, c’était une fin de journée sur le port de Brooklyn, février 2009.
#6149
#6136
Hier matin je me suis réveillé comme je venais de rêver d’un ancien camarade de fac, qui m’expliquait ce qu’il avait fait depuis – sauf qu’il semblait être encore dans la trentaine, tant il est vrai que je ne me rêve jamais vieux. En ouvrant les yeux, j’ai pensé « Pierre », me souvenant soudain de son prénom, et dans le même élan j’ai réalisé que ce camarade n’avait jamais existé. Restant couché encore quelques minutes, je me suis rendu compte que ce Pierre imaginaire brassait des souvenirs épars de quatre garçons différents – dont trois se prénommaient effectivement Pierre, je crois. Puis repensant à ce rêve, où je me promettais maintenant que j’étais de retour à Bordeaux d’aller revoir d’anciens lieux de mes études, j’ai compris avoir pour de bon fait un retour : pour la première fois en plus de 10 ans que je suis revenu vivre à Bordeaux, je venais… de revenir à Bordeaux, mais l’autre, celui des songes de villes que je faisais autrefois, à Lyon. Ces lieux dont je me souvenais et que je me promettais de revoir n’existaient pas, eux non plus : ils appartenaient au paysage de ces rêves urbains récurrents qui un temps occupaient mon imaginaire nocturne. Je les ai bien reconnus. Me voici donc enfin de retour à Bordeaux – des deux côtés du réel. Une forme de réconciliation.

