#6159

Samedi dernier, je passais aussi devant la rue des Vivants et l’une des dernières ruines des entrepôts Motobloc, la firme bordelaise d’autos et motos. Et je lis le roman du même nom de Suzanne Martin, enfant de ses rues pauvres et ouvrières racontées dans une langue éblouissante d’invention et de « beauté inquiète », comme dit son rééditeur l’Arbre vengeur. De la belle littérature prolétaire, à l’écriture fascinante, mais infiniment triste.

#6157

Revenu de la cinquième édition du festival Hypermondes avec le sourire et quelques parcelles de documentation supplémentaire. C’est chouette, d’avoir un si beau salon de « notre club », comme dirait Serge Lehman, pas loin de chez soi. Et merci à la présidente Natacha pour dans son discours final cet hommage à l’ami disparu, Philippe Ward.

#6155

Jour de bruine, pluie, averse et grisaille. Hier soir une foule de piafs piaillait dans le grand micocoulier que j’ai planté au jardin il y a une dizaine d’années et qui maintenant domine le toit de la cuisine de son plumage vert. Si les volatiles n’avaient pas fait un tel raffut — et encore tout à l’heure — je ne les aurai pas vu : dans notre environnement urbain, les oiseaux sont le véritable « petit peuple » secret (je viens de relire John Crowley et Mary Norton), et dans le rôle des sorcières, le couple de pies de ce matin ferait bien l’affaire.

#6140

Depuis huit ans, monsieur Gauthier dit et répète que son proprio va le mettre à la porte et qu’une grande barre d’immeubles va surgir à la place de son entrepôt, comme de l’autre côté de la route de Toulouse. Ce devait être pour cet été, après plusieurs reports. En fin de journée, mon camarade Fabrice et moi-même nous y rendîmes, pour ce que nous redoutions être notre ultime visite chez ce bouquiniste incroyable au stock géant… et puis non, le notaire ne voulant pas régler l’indemnité obtenue après un long procès, vient de lui faire signer un nouveau bail. Monsieur Gauthier, 81 ans, va continuer ! J’avoue avoir respiré de soulagement, car la perspective de la disparition d’un tel antre de perdition, à deux pas de chez moi, m’affligeait passablement. Pour fêter cela, je suis reparti avec une dizaine de jolis paperbacks US de SF des années 50 et un Ace Double de western.