Inévitablement, mes écrivains favoris vont disparaitre. Après Jacques Réda, c’est David Lodge qui vient de nous quitter, et un autre de mes favoris, Jonathan Coe, lui consacre un joli papier (https://www.theguardian.com/books/2025/jan/03/its-largely-thanks-to-him-that-the-british-comic-novel-remains-in-good-health-david-lodge-remembered-by-jonathan-coe). Rire à haute voix en lisant Small World (mon préféré), Nice Work et Changing Places. Bouleversé par la simplicité de Home Truths et le fait de réaliser qu’il y avait adopté la voix de Christopher Isherwood, un autre de mes favoris. Lu seulement récemment ses deux derniers, admiratif de son roman sur Henry James mais n’ayant hélas pas trop aimé celui sur HG Wells dont il n’évoque que l’obsession hétéro. Un auteur auquel je reviendrai encore, toujours, c’est certain, puisque j’aime relire.
Archives de catégorie : Lectures
#6098
Oscillant ces temps derniers entre des romans de Murakami et de Jonathan Coe, je suis fasciné non seulement par la fluidité captivante de leur prose, leur beauté, leur humour, leur dureté également — là où deux séries de « cosy fantasy » lues récemment aussi, pour sympathiques qu’elles soient, frappent tant par le convenu de leur écriture que j’ai cru lire de la fantasy des années 80 genre Barbara Hambly, alors que ça vient juste de paraître — mais en fait… par leur voix. Si différentes, singulières et reconnaissables. Des intimes de ces auteurs entendent-ils le son de leur voix lorsqu’ils les lisent, en reconnaissent-ils le timbre ?
(La photo est celle d’un téléphone de Pierre Véry, que possède mon ami et éditeur Christian Robin)
#6095
Trouvé ce matin l’un des drôles de romans d’une ancienne gloire bordelaise de l’université et des médias, Robert Escarpit, créateur notamment de l’IUT où je fis mes études et auteur d’une sorte de SF décalée chère au cœur de mon vieux camarade Pascal J. Thomas. Hier je lisais un autre ami, l’univers inquiétant des Navigateurs de Serge Lehman puissamment illustré par Stéphane de Caneva. C’est magistral, ce Paris parallèle et archéomythique, Redon, Cocteau, MacOrlan, je ne pouvais qu’aimer. Maintenant je m’essaye au Londres parallèle d’Alan Moore (Le Grand Quand).
#6093
Je le redoutais depuis longtemps. Je l’apprends au détour de la presse. Voilà, mon auteur favori, et de loin, vient de mourir. Jacques Réda (24 janvier 1929 – 30 septembre 2024). 95 ans est certes un bel âge mais cela ne me console guère. Bouleversé comme je le suis déjà en ce moment je retiens mes larmes, peut-être ne devrais-je pas.
#6079
En cette langueur estivale dont je redoute la prochaine canicule, je viens de trouver une bien belle formule chez Robert MacFarlane sur les gens qui se croisent sans se connaître, « foreign as dark fish in ink ». Et hier soir j’ai entrepris de relire l’un des chefs-d’œuvre de Simenon, ce Port des brumes si plein de gens et de brouillards.