#2457

J’ai lu le Spirou de Frank Pé et Zidrou. Graphiquement, ça se cherche un peu trop, aucune synthèse n’est faite entre un Spirou super mignon, d’autres perso qui hésitent tout le temps entre réalisme et caricature, et même certains (les journalistes sur l’écran) qui retrouvent l’anguleux des débuts de l’auteur, qui a vraiment perdu la grâce de ses premiers Broussaille. Le résultat est d’une esthétique passablement bancale, pas aboutie. D’autant que le scénario ne semble pas fini non plus, brouillon pour ne pas dire bâclé : c’est quoi ce plan avec les champignons noirs, développé puis abandonné sans explication ?

Et bien entendu, les auteurs cherchent à caler ce pauvre Spirou avec une fille à la fin de l’histoire, ça devient vraiment une rengaine, ça — bon sang que j’en ai ras-le-bol de tous ces bédéastes hétéros bornés qui se croient absolument obligés d’ajouter un rapport amoureux à la femme. Il y a pourtant quelques jolis efforts ici, quelques allusions sympas, comme les conseils de Champignac au couple Fantasio – Spirou, ou la gamine qui voyant Fantasio demande à Spirou si c’est son mari — mais les auteurs ont cru nécessaire d’ajouter un Spip hilare à l’idée que Fantasio soit traité de « mari », eh bien quoi, c’est une insulte, « mari » ? Sans cette demi-case insultante le propos aurait été pour une fois un peu ouvert, mais non, on retombe toujours dans des ricanements homophobes. Bref, un album dont le dessinateur n’est à l’aise ni dans son style ni dans son propos.  Un album de trop ?

#2455

La photo maintenant traditionnelle de ma pile de lecture du mois écoulé… J’en oublie peut-être, comme à chaque fois. Et s’y ajoutent des livres numériques, à savoir de lectures de vieux polars, en VO ou en VF de chez e-Baskerville… De mémoire, un Richard Marsh, deux Louis Tracy, un AEW Mason, un Grant Allen…

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#2454

Je disais tout à l’heure à un ami que la vie est trop courte pour lire des maxi énormes pavés… et en fait, ce week-end j’ai relu un petit polar déjà lu deux fois, si c’est pas de la perversité… Il s’agit de The Red House Mystery, l’unique roman policier d’A. A. Milne (l’auteur de Winnie), datant de 1922. Et je me suis interrogé… Ai-je inventé le fort sous-texte gay que j’y ai vu distinctement, cette fois? Ou bien est-ce que j’interprète mal une amitié masculine de ces années folles? Mais enfin, la manière qu’a le brillant Tony, le détective amateur de cette histoire, de tout le temps saisir les mains de son copain Bill, son naïf et enthousiaste Watson, de le prendre par le bras, de partir avec lui bras dessus bras dessous… Et sa combine pour pousser Bill à se mettre nu, alors que Tony pouvait tout aussi bien plonger dans le lac lui-même? Et sa façon de mettre Bill dans son lit, à la fin, plutôt que de lui prendre une autre chambre à l’auberge? Même le coupable de lui dire de « take care » de Bill, dans sa lettre finale… Enfin, la tristesse de Tony lorsqu’il découvre que Bill va le quitter pour revoir tout de suite son actrice… Anyway, I prefer to read it like that, really.

#2425

Je continue à être surpris par la réticence, pour ne pas dire la pure et simple ignorance, qu’opposent en France une majorité de grands lecteurs au livre numérique. Venant de changer de liseuse, la Sony ayant finalement rendu son peu d’âme, j’apprécie de nouveau et à plein les charmes spécifiques de la lecture numérique avec ce Kobo Glo, et c’est essentiellement une question de confort : les caractères sont gros, donc parfaitement lisibles ; la surface est bien blanche, légèrement lumineuse ce qui me permet même de lire le soir sur la terrasse, dans ma chaise longue, ou bien plus tard dans mon lit avec à peine un filet de lumière additionnel, très doux ; la liseuse est légère ; je peux annoter ou surligner (pour les manuscrits) ; et ne parlons pas de l’avantage de partir en voyage avec une grande pile de livres ne pesant rien. Non, décidément, la liseuse a bien des conforts, comme outil de lectures complémentaires, parallèles aux livres papier.

Je n’ai pas (encore) racheté de fichiers neufs, mais restocké en livres du domaine public, par exemple de vieux polars victoriens ; sur les conseils avisés de mon excellent camarade JDB, je lis ce grand oublié qu’est Louis Tracy, par exemple, avec grand plaisir.

#2419

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Lectures estivales… et encore, il en manque sur les photos : j’ai donc lu 14 bouquins en juillet et 15 en août… Puisqu’à ces piles, s’ajoutèrent ce mois-ci deux Fantômette, deux polars victoriens de chez e-Baskerville, un 6 Compagnons de Bonzon, un guide sur Londres hors des sentiers battus, un Modiano et une bio d’Hawksmoor… Vous avez dit « boulimie » ?