#5045

Pour ne savoir guère identifier les chants d’oiseaux, je passe pourtant d’assez fréquentes pauses matinales ou vespérales à tendre l’oreille et écouter nos familiers à plumes. Ce que le chant des oiseaux me dit c’est que je ne suis pas seul, que l’on peut se taire un peu, qu’il est bon de s’arrêter pour juste écouter, et laisser remonter des souvenirs et des sensations. Ainsi de ce matin entre deux averses légères propices aux escargots. Des pia-pia répétitifs, des cra-cra rauques, des trilles évasives, en ce presque dimanche le quartier apaisé n’ajoute que le souffle d’un bus à la chanson des volatiles.

#5041

La nuit ne fut pas calme : le tintinnabulis de la pluie, les paparazzi du tonnerre, les sourds raclements de gorge de l’orage puis le grand fracas de l’averse, drue et brutale comme une marée de l’océan. On change de vocabulaire, du chaud et du sec l’on passe à un verbe comme « déverser » et la petite chatte monte sur le lit le poil un peu humide. Le ciel s’apaise vite et c’est encore le long chuchotement de la pluie.

#5024

Promenade du samedi matin, au parc floral agréablement désert mais pourtant emplit de vieilles sculptures, de tapis de renoncules, de buissons d’azalées, de torrents, d’étangs et de prairies, avec le chant du coucou et de la grenouille en bande-son ; les yeux plein de vert tendre. Si proche et très loin.

#5015

Curieux destin que celui de tout ce sable qui, soulevé de quelque désert saharien en immenses voiles d’ocre, fait le tour du ciel et retombe en d’autres territoires, tellement lointains. Annoncé par une grande lumière de cuivre qui jauni le paysage, ce sable s’abat en une averse safran qui macule la ville. La poussière des dunes ternit la tôle des voitures, des gouttes abrasives cinglent les toits et tâchent les portes, ça crisse sous le pas et ça tavèle les vasistas. Maudits simouns qui feraient presque regretter la saison des brouillards.

#5007

Lente promenade du samedi matin, sous un ciel d’abord noir puis bleu – la pluie sous le soleil, spécialité locale. Admirer les mimosas en fleurs, les étoiles blanches déjà accrochées aux pruneliers, la chaussée vernie par l’azur, les grenouilles d’un étang, un château cerné de chants d’oiseaux, les canards bruyants et les oies familières d’un lac. Rive droite déserte, silence serein des coulées vertes.