#4060

« Rencogné à une fenêtre, casquette vissée sur le crâne et regard sur le dehors, Bodichiev dévora le spectacle. Rien vers Wembley, rien non plus vers Hayes. Le cheminot avait vu juste : au bord de la voie, comme le train approchait de Slough, se déroula une vision post industrielle. À commencer par l’usine Horlicks, bâtisse de brique austère dont la grande tour crénelée, telle une sentinelle médiévale, voisinait avec une haute cheminée noircie qui semblait figurer sa lance. Après ce compromis entre la masse industrielle et le castel écossais, le talus grimpait. Bodichiev vit passer les immeubles décrits par les deux sœurs. Jusqu’à la petite ville se dessinait un décor d’abandon et de misère. »

Novella (185 000 s.) terminée, du moins pour le premier grand passage. Détails à régler, relecteur sans pitié, éditeur… il reste à faire, bien entendu, mais le principal est là. Et le programme que je m’étais initialement fixé pour cet été est enfin achevé : un recueil et deux courts romans, hop. Petit soupir de satisfaction.

#4059

En 2018, mes précieux camarades Christine et Mérédith avaient dirigé et publié une belle anthologie, intitulée SOS Terre et Mer, qui réunissait des nouvelles d’imaginaire dans le but de verser des fonds à l’ONG SOS Méditerranée. Et ça a bien marché, on a versé à cette ONG de chouettes petites sommes (et ça continue). Et puis, voici que les mêmes repartent dans l’aventure d’une anthologie : Prépare la paix, que des nouvelles qui comme le titre l’indique se déroulent dans des sociétés apaisées ou en passe de l’être — un beau défi narratif. J’ai eu le plaisir qu’ils me commandent et m’acceptent une nouvelle dont je suis plutôt fiérot, « Nulle part et en Crimée », située dans l’univers uchronique du détective Bodichiev mais sans celui-ci ; et partiellement en hommage gentiment accepté par l’auteur au fameux « Nulle part à Livérion » de Serge Lehman. Bref, je suis sacrément excité du lancement de ce financement, qu’il ne faut pas louper, la cause est trop belle ! We need you, les gens.

#4058

WIP. « Le matin se dénouait lentement d’une brume à l’odeur de fumée nocturne, sous un ciel plat. Seul flambait en rouge le petit érable, vers le canal, sur un fond confus de buissons gorgés d’eau. Les bruits familiers de la ville et le chant réconfortant des oiseaux formaient une poussière sonore, vie ordinaire de la semaine dans un frisson d’automne. »

#4057

Un tantinet fourbu, après primo une nuit à mal dormir car un peu fiévreux, où j’ai donc pas mal cogité aux Mystères de l’Empire, un gros roman dans l’univers de Bodichiev auquel je commence à songer… puis sorti me promener vers 10h 30 et ayant traversé Bordeaux aller et retour à petits pas tellement piano qu’ils doivent être terriblement sano, ne suis rentré m’écrouler pour une sieste que vers 17h. Marché dans les rues aux ombres froides, apprécié la lumière d’automne qui ourlait les façades, croisé des tas de touristes espagnols aux conversations pleines de « donde », de « entonces » et de roulements, entendu des vieilles dames portugaises au bel accent chuintant, mangé avec des amis, regardé la flore des rues, humé le bon soleil d’octobre et froncé des yeux dans la lumière qui tavelait le fleuve.

#4056

Eh oui, pour la fiction je m’amuse à écrire sous pseudonyme : Olav Koulikov. Je l’ai dit depuis un moment déjà. Et j’ai eu le plaisir de voir publié le mois dernier le quatrième volet des enquêtes de Bodichiev, chez le petit éditeur Koikalit (les trois précédents étaient chez les Saisons de l’étrange). Ainsi ai-je donc aligné ces dernières années Mémoires d’un détective à vapeur, Souvenirs d’un détective à vapeur, le court roman Menace sur l’Empire et ce tout nouveau Confidences d’un détective à vapeur.

Dans une uchronie où règne sur une bonne partie du monde l’Empire anglo-russe, monsieur Bodichiev et son fidèle assistant Viat Koulikov mènent depuis la métropole de London des enquêtes plus ou moins « de l’étrange ». Quelque part entre Maigret et Poirot, avec quelques gouttes de SF ou de fantastique. Un univers qui me tient énormément à cœur et auquel je ne cesse de revenir, depuis la première nouvelle qui fut autrefois au sommaire de la fameuse anthologie de Serge Lehman, Escales sur l’horizon. L’on suit au gré des volumes et en filigrane leur carrière ; dans le prochain se trouvera notamment la toute dernière enquête de Bodichiev, en retraite à Biarritz, et le récent propose l’une de ses toutes premières avec le jeune Viat. Confidences réunit cinq nouvelles et six vignettes courtes : « L’affaire des masques », « Les oiseaux du cimetière », « Le tumulte de Noël », « Sous le vent dalmate », « Les fantômes d’Alwych », plus des short shorts sur des perso secondaires, Viat / Beauchamp / Sigerson / Goudounov / Mrs Cherrytail / Boadicée, et une chronologie.

Je viens, hier soir, de boucler le prochain recueil de mon détective privé et l’ai rendu à mon digne éditeur à moi que j’ai. Archives d’un détective à vapeur, cette fois. Six nouvelles et une novella : « La pomme et la paille », « La question de l’alchimiste », « Ministère de l’Intérieur », « Les chats de Battersea », « Péril en l’île », « Les deux morts de mademoiselle Rose » et « Un ptérosaure sur la grève ». Sont en cours de finition une novella, Les Arrière-mondes, un court roman, Les Trois cœurs, et j’ai juste débuté le recueil Voyages d’un détective à vapeur… Une nouvelle inédite sera au sommaire de Fiction l’imaginaire radical n°3, d’ici peu.