#4022

Ça y est, les journées s’achèvent plus tôt, entre huit et neuf les trains sifflent sous un éclat du ciel qui n’éclaire pas, du bleu sombre monte dans le jardin. Les grandes mains du figuier virent déjà au jaune. Avançant lentement vers le rétablissement, j’ai tapé au propre deux des trois nouvelles composées cet été. Je me demande d’ailleurs ce que valent ces tablettes / bloc-notes numériques, si réellement la conversion au texte tapuscrit s’avère satisfaisante.

#4021

Allons, en deux ans je ne suis allé à la brocante dominicale de saint Michel que deux pauvres fois. Ce matin je me suis donc un peu lâché, les opportunités ne manquant guère : deux belles reliures de Pierre Loti dans les versions illustrées de chez Lafitte ; une pile de vieux Masque (mon dernier dada) ; une reliure de Foxie bien râpée ; et deux vases vintage de type Valauris. Le tout parfaitement indispensable, cela va sans dire. Je suis rentré titubant un peu, la canne tremblante mais la tête contente.

#4020

« Mais la pluie a fait le jeu du loup », lis-je à l’instant. Jolie expression que je ne connaissais pas, faire le jeu du loup. Dans un roman policier de 1962. Ici et maintenant, sous un ciel étrangement jaune la pluie ne fait aucun jeu, qui hésite et se fait attendre, mais en début de journée j’ai tout de même pris une drache en centre-ville. Mes nouveaux yeux sont commandés, mes vertiges vestigiels, mes fatigues toujours fréquentes. Convalescent.

#4019

La grande rumeur cadencée d’un train passe dans la nuit. Une rivière de métal. C’est le monde qui passe au large de mon petit domicile. La pluie promise n’est pas tombée. J’ai relu ces dernières semaines les Dorothy Sayers en VO et ai de nouveau envie de lire en français, ça m’est nécessaire pour en quelque sorte alimenter mon envie d’écrire encore frustrée par la maladie, lire du style, regarder notre langue en travail. Enfin, j’entre en convalescence et reprendrai au plus tôt l’écriture. Que lire donc, sans doute vais-je piocher de nouveau dans les vieux polars français, tiens Francis Didelot ou Jacques Ouvard, par exemple. La lecture de romans policiers entretient également en moi la tournure d’esprit nécessaire pour creuser l’univers de Bodichiev, cette douce obsession qui est mienne.

#4018

Quarante années de tradition s’achèvent, avec une dernière « microcon » de braderies nordiques, quelque part entre Ostrevent et Escrebieux. Un adieu joyeux aux vide-greniers ruraux entre les maisons de brique, et beaucoup de pensées pour l’absent, Joseph. Bruine et vieux bouquins.