Des maux divers et variés de ces deux maudites années, perte de liberté, perte de revenus, perte de santé, perte de relations… l’un, pour moi, est l’absence de voyages. La dernière fois que j’ai pris des vacances, c’était pour un petit séjour à Londres début novembre 2019. Depuis, même le casanier que je suis piaffe dans cette immobilité forcée, à laquelle je n’ai encore échappé que pour un week-end récent dans le Nord. Sur Instagram je vois passer des photos de Londres, d’Édimbourg, de San Francisco… et cela n’en creuse qu’un peu plus mes souhaits de départs. D’autant que se pose aussi la question d’alimenter les récits de Bodichiev, généralement tissés de lieux et anecdotes réels. Creusant ma mémoire et mon blog, j’ai rédigé une nouvelle située à Florence (elle sera dans le troisième Fiction) et une autre à Oxford, mais je n’ai plus guère de réserves d’ailleurs — ai même écrite une nouvelle sur Raguse (Dubrovnik) où je n’ai jamais mis les pieds (dans le nouveau recueil)… Pourtant, j’aimerai bien qu’un futur recueil soit Voyages d’un détective à vapeur et il faudra trouver du combustible pour mon imaginaire… Enfin, en attendant je lis des livres de voyage et/ou de géographie…
#4024
Respiration, soulagement : il a plu ce matin. Sous un ciel plâtreux qui gronde encore, les merles volent de branche en branche entre le troène et le micocoulier, et les escargots sont de sortie. Le bel Italien des Parapluies de Cherbourg vient de disparaître. Peu dormi cette nuit, fatigué à la fois par la chaleur lourde et par mes travaux de dactylo. Je recommence à penser à la novella en cours. L’été se prolonge, un peu triste.
#4023
Deux ou trois fois chacune, mes deux chattes descendirent miaulantes dans la petite chambre au niveau de la cave, exigeant de savoir ce que je faisais là. Comme elles n’entendent rien ni aux problèmes climatiques ni aux questions littéraires, je ne leur répondis point et continuai à taper au propre la troisième de mes nouvelles estivales. J’ai donc la tête qui sonne un peu comme une vieille cloche (fêlée, je veux dire), mais c’est enfin fait, tout est au propre (avant relecture et passage d’Antidote, s’entend). Et ainsi, presque achevé est le prochain recueil, alors que le nouveau vient à peine de paraître, que vous n’avez pas encore acheté ; simple étourderie de votre part j’en suis certain. Mais enfin, ainsi Archives d’un détective à vapeur prend bonne forme, ne me reste à finir que la nouvelle compilant des documents policiers divers (authentiquement basée sur des rapports photocopiés que mon fils me procura lors de ses études de droit, il y a déjà un certain nombre d’années). Et vogue l’uchronie, monsieur Bodichiev progresse tranquillement.
#4022
Ça y est, les journées s’achèvent plus tôt, entre huit et neuf les trains sifflent sous un éclat du ciel qui n’éclaire pas, du bleu sombre monte dans le jardin. Les grandes mains du figuier virent déjà au jaune. Avançant lentement vers le rétablissement, j’ai tapé au propre deux des trois nouvelles composées cet été. Je me demande d’ailleurs ce que valent ces tablettes / bloc-notes numériques, si réellement la conversion au texte tapuscrit s’avère satisfaisante.
#4021
Allons, en deux ans je ne suis allé à la brocante dominicale de saint Michel que deux pauvres fois. Ce matin je me suis donc un peu lâché, les opportunités ne manquant guère : deux belles reliures de Pierre Loti dans les versions illustrées de chez Lafitte ; une pile de vieux Masque (mon dernier dada) ; une reliure de Foxie bien râpée ; et deux vases vintage de type Valauris. Le tout parfaitement indispensable, cela va sans dire. Je suis rentré titubant un peu, la canne tremblante mais la tête contente.