#2829

Gosh, by Jove, reçu à l’instant les premiers exemplaires de mon dernier opus, London Noir, un voyage dans Londres de 1860 à 1960 à travers les grandes figures et les grands lieux du polar et de la littérature populaire… Une version « petit format » et resserrée sur mes propres chapitres de l’ancien Londres, une physionomie, bien entendu entièrement revu, avec pas mal de photos rares… Parution octobre… Dernier en date de mes petits cris d’amour pour la capital britannique… I say, what!

#2827

Lorsque j’écris de brèves descriptions, ce que je nommais fut un temps mes « instants lucides », il s’agit pour moi de saisir par écrit un peu de ce que capterait une photographie. Par définition, l’on se trouve alors en mode contemplatif, et maintenant si je resonge à ces deux jours délicieux que je viens de vivre, ce week-end d’anniversaire à la campagne, je me trouve plutôt en peine de coucher souvenirs et émotions sur le papier. Car en lieu et place de contemplation, ces jours furent ceux d’une volonté claire de vivre chaque seconde, de saisir chaque instant, avec autant d’acuité que possible, conscient comme je me trouvais du caractère marquant, sorte de « moment historique » intime, de mon histoire personnelle. Alors aucune phrase ne s’est tissée, je ne pouvais pas penser à écrire alors que je m’occupais à apprécier, regarder, écouter, saisir — et rire, et déguster, et bavarder. Un discours, un discours, demandèrent les amis plusieurs fois, mais il n’en était pas question pour moi, je voulais simplement savourer l’instant présent, la tendresse, cette « famille logique » comme dirait Armistead Maupin dont je viens de lire avec émotion l’autobiographie, ce groupe réuni presque miraculeusement dans un instant privilégié. Au sein d’une verdure vibrante, sous les feuillages bruissants, avec l’éclat du jour déclinant et celui du feu de camp dans l’obscurité, la fumée et les braises des bûches, une danse esquissée, des chats discrets, les vaches non loin, un hamac refermé comme la cosse d’un petit pois, le tiède abri d’une tente sous un bouleau, un minuscule crapaud dans la nuit comme couvert de diamants, l’émerveillement d’un feu d’artifice, le meilleur tofu du monde, des bouteilles de vino verde, des cartons de bouquins sur l’herbe, les lampions dans l’érable, le chemin de lumière en pots de verre, la complicité, les discussions, les fou-rires, et tout cela qui file si vite. Un grand bonheur. Merci.

#2826

À l’orée d’un bois de tilleuls, dans la vaste verdure d’un domaine répondant au nom enchanteur des Fays, quelques proches des Moutons électriques eurent l’occasion ce week-end de se réunir afin de fêter le quinzième anniversaire de la maison d’édition, avec moult plats succulents, nombre de bouteilles, petite bourse d’échange de livres, bavardages jusqu’au bout de la nuit, feux d’artifice et feu de camp… Tout le monde n’y figure pas, mais ce sera la photo « officielle » malgré tout, par Christine Luce, de cette tendre et joyeuse célébration.

#2825

Je n’avais (quasiment) jamais campé. Un « quasiment » qui n’obtiendra aucune explication publique afin de ne pas entacher la réputation de Michel Pagel. Et donc cette nuit fut ma première sous une toile de tente. Ce ne fut point déplaisant, plutôt exotique – que voulez-vous, avec le grand âge me prend des envies aventureuses. Les sons surtout s’avèrent d’une sereine et nocturne différence. Le grésillement du feuillage du bouleau, la grande voix marine de la canopée, des murmures dans l’ombre, les hululements soyeux d’une chouette et, beaucoup plus rares, quelques râles lointains, chevreuils peut-être. Sinon j’ai dormi, hein, surtout.