#2770

Insomnie. Aux vagues anxiétés brassées par la chimie interne répond l’obscur immobile du petit matin. Le soleil ne se lèvera que dans une heure. Par moments de brèves averses heurtent le carreau, tandis qu’au dehors les oiseaux interrogent un ciel confus, qui n’étale encore qu’une pâte lavée de toute couleur. J’imagine le merle en vigie sur l’antenne de la maison voisine, le bourdon d’un scooter file au loin et près de moi lève et retombe l’haleine tranquille d’une des chattes.

#2767

« Le ciel avait pris brusquement un air automnal. De lourds nuages violets, pareils à de fabuleux vaisseaux en lévitation, montaient gueule et panse en avant à l’assaut d’une fantomatique escadre de fins voiliers tordus par le vent. Au-dessous, une armada de longs sous-marins rouges assiégeait le soleil. Une bruine tiède flottait dans l’air… » (Michel Jeury, L’Univers-ombre)