#2710

Pour prolonger mes travaux de fouille de ce week-end, je viens de descendre à la cave et de monter au grenier, chez moi, afin de voir si vraiment je n’ai plus de « vieilleries » de Roland qui traînent… et ai donc retrouvé une anthologie ô combien fanique avec l’une de ses premières nouvelles, ainsi qu’un fanzine avec une interview par Pagel. Et chez elle, Sylvie a retrouvé une poignée de Vopaliec. Cool ! Tiens, de Charles Aznavour : « La jeunesse amène d’abord sa folie, puis elle apprend. »

#2709

J’ai passé le week-end avec le cœur empli d’une tendresse immense, celle pour mon vieil ami Roland C. Wagner, dont je suis venu explorer à Auch les archives. Grâce à l’immense gentillesse de Sylvie Denis sa compagne — et avec la bénédiction de sa fille, Natacha, merci à vous deux — ce ne fut pas un événement triste, je redoutais un peu mes propres émotions ; au lieu de quoi, à remuer toute cette paperasse, à explorer son ordinateur et à soulever tous ces cartons, j’ai souvent ri, retrouvant la légèreté, la fantaisie et les passions de mon grand copain, m’amusant de détails, m’attendrissant d’une lettre de refus ou d’une photo, m’émerveillant de découvrir des nouvelles de jeunesse, des notes manuscrites, le début de son dernier roman, des interviews… Maintenant j’ai un gros travail devant moi, bien entendu, mais ce sera avec un vrai plaisir et je me sens le cœur plus calme.

(Photo : le bureau du Mac de Roland)

#2708

Suis en pays inconnu : ayant pris un car à Agen, je m’enfonce dans ce cœur de Gascogne que je ne connais pas, à bord d’un véhicule cahotant de petite ville en petite ville aux noms inconnus de moi, en compagnie de quelques Anglais — direction Auch. Tuiles romaines. De jolies routes dans une campagne vallonnée dont l’automne commence à peine à faner la verdeur sous le ciel voilé. Un héron blanc marche au sein d’un troupeau de vaches pâles. Des mares brillent çà et là dans des replis de terrain, entre les labours sombres.

#2707

L’un des attraits des voyages ferroviaires se trouve dans le mystère des chemins. Toutes ces sentes que l’on voit courir depuis le point de vue de la voie, dont on ne sait pas et ne saura jamais vers quel horizon elles s’ouvrent, vers quelle destination elles filent. Large allée crayeuse dans une forêt de pins, chemin sinueux de terre ocre entre les genêts, sentier sableux au sein des vignes, miroir rectiligne d’un canal, coude d’une rivière ombragée de saules, traces parallèles franchissant un pré, petite départementale sous les fuseaux drus des cyprès, escalier montant au bord d’un talus, route grise contournant une colline sous le regard d’un cheval blanc…