Il est facile de ne pas écrire. Entre les quelques tâches ovines de la fin de la semaine passée et la chaleur accablante de ces deux derniers jours, mes travaux romanesques n’avaient point redémarré. Voilà qui est chose faite – avec comme défi de reprendre deux synopsis de 2003 et de les tisser ensemble avec différents changements et aménagements, afin d’obtenir un (court) roman. Puzzle personnel. On s’occupe comme on peut.
#2683
À Londres, la librairie de gauche attaquée par un groupe de fachos et la librairie gay qui voit sa vitrine brisée une nuit… Je ressens une profonde tristesse et une alarme extrêmement vive.
#2682
Oooh, un gros colis m’attendait chez la voisine : les premiers exemplaires en direct de chez l’imprimeur (les « justifs ») de la rééd du Panorama en semi-poche chez Hélios. À sortir en septembre, qu’on se le dise !
#2681
L’aurore venue, les moineaux plongent dans l’empelopsis qui couvre la façade ou dans la bignone qui cache le grand mur de côté, et trouvent là leur refuge nocturne, rencognés contre la chaleur rendue par la pierre et camouflés par le feuillage. Lorsque l’ombre qui descend ne laisse plus qu’une mince couche de jour, les grillons commencent à striduler et soudain les pipistrelles fendent l’air en silence.
Les longues tiges du gora blanc s’inclinent l’une après l’autre comme un petit bourdon rayé vient les courtiser systématiquement, puis se relèvent et se balancent en cadence dans un rayon de soleil, tandis qu’à côté un gros bourdon noir aux reflets bleutés butine les fleurs rose des pois de senteur. Deux moucherons montent dans la lumière en tournoyant.
#2680
Quand les martinets s’en sont-ils allé ? Je n’ai pas pris garde au soir exact où leurs petits corps sombres n’ont plus tourné au-dessus du quartier, où ont cessés leurs pressants cris lancés comme des flèches. J’ai l’impression confuse que ce soir où les nuages empêchèrent d’admirer l’éclipse de lune fut également celui où les martinets quittèrent mon morceau de ciel, mais je ne saurai en jurer, peut-être avaient-ils désertés les parages un peu auparavant et n’ai-je pas été attentif. Apus apus est reparti. Je regarde pourtant beaucoup les oiseaux : cette pie qui l’autre jour, juchée au coin de la toiture de la maison voisine, toujours vide, fit la démonstration de toutes les capacités de son chant. J’en admire souvent le plumage blanc et noir, les longues rémiges de sa queue, ses reflets iridescents. Des merles, beaucoup de moineaux, querelleurs. Trois colombes, les ailes claquantes. Une fois j’ai vu passer un rouge-queue dans le jardin de mon voisin Nicolas. Ce matin j’ai repéré dans le mien, au sein du troène, la poitrine jaune d’un verdier, puis l’ai vu filer sous le figuier, les chattes aussi l’avaient vu mais le petit passereau n’était déjà plus là.
