Un an de Moutons électriques. Ça a de la gueule, if I may say so.
#2471
C’était aujourd’hui la journée mondiale de lutte contre le sida. Je me souviens encore parfaitement du moment où j’ai appris la mort du chanteur Klaus Nomi, je traversais la rue un peu au-dessus de la galerie des beaux-arts, j’étais étudiant à Bordeaux, je découvrais ma sexualité et l’on parlait soudain de cette maladie, je ne comprenais pas. Je me souviens encore parfaitement du moment où j’ai appris la mort de Michel Foucault, je remontais le cours de l’Yser depuis les Capu, je ne comprenais toujours pas, une peur, un vertige, une abstraction.
#2470
Et donc les électeurs de droite ont voté très à droite. J’aimerai bien que les électeurs de gauche votent très à gauche.
#2469
Comme l’on fonce dans le paysage, on l’admire paresseusement, l’on apprécie ces petits hameaux serrés au pli de deux collines, le crépis sévère d’une petite ville où l’on ne fait pas halte, la ferme au toit d’ardoise bas, la maison isolée au bout d’une sente herbue… Puis l’on se souvient combien notre passage gâche la vie des habitants, ce tohu-bohu continu des bogies sur les rails, cette rumeur intrusive dans la campagne.
#2468
« Il a fait pour les cieux immenses la petitesse des oiseaux »… Au-dessus des rues nocturnes, invisibles dans le ciel sombre d’automne, passent des vols de grues, klaxonnantes, cancanantes, grinçantes, comme une longue chute de casseroles qui rebondirait par dessus les toits, ou des canards qui tomberaient en vrac de la lune… puis le vacarme des volatiles diminue dans le lointain…
