La vache, je crois bien que j’ai chopé une maladie hypra grave, le syndrôme Debaque-Saint-Martin que ça s’appelle, également connu sous la dénomination de « maladie d’Altairac ». Une braderiite aiguë. J’ai fait une brocante et un vide-grenier hier, un autre vide-grenier ce matin. C’t’affreux.
#2266
Je ne vous dis pas tout.
Non, je ne vous dis pas tout ce que je lis. Je commente ici mes lectures, de manière assez régulière, en guise d’aide-mémoire essentiellement, mais cela ne représente finalement qu’une partie de mes lectures, celles justement dont je me dis qu’il peut être utile que je les note. En cela, je pratique une sorte de hiérarchie dans mes goûts, sans doute un peu injuste. Je ne parle guère de bande dessinée — non seulement parce que j’en lis beaucoup moins qu’auparavant, mais aussi parce que je n’en éprouve pas la nécessité ni la capacité de commentaire, j’ai relu il y a quelques soirs un « Benoît Brisefer » et qu’en dirai-je ? Et des « Fantomius », ce personnage italien des Mickey Parade, dont je viens de lire deux nouveaux épisodes ? Ou de la série « Jérôme K. Jérôme Bloche » sur laquelle je rattrape peu à peu mon retard et qui est toujours aussi agréable ?
J’ai évoqué un petit peu le fait de pratiquer en ce moment une diète presque exclusive de « Maigret ». Il y a plusieurs raisons à cet étrange régime livresque : tout d’abord, une sorte de raison psychologique, à savoir que m’étant trouvé dans un épisode comme j’en ai de temps à autre, à savoir une excessive nervosité, j’éprouvais le besoin d’une lecture calme, apaisante, sans heurts ni trop de tensions. Contrairement à ce que son image de pesant grognon peut laisser à penser, le personnage de Maigret est en fait une figure assez lumineuse, souvent il est tranquillement joyeux, soulevé par le beau temps ou une agréable atmosphère, et s’il est confronté à la misère humaine il est souvent léger, toujours attentif aux autres, d’une immense bonté l’air de ne pas y toucher. Et puis, m’amusent également les détails « rétro », par exemples les gros bus verts à plateforme, quantité d’éléments du quotidien qu’il nous faut aujourd’hui faire un effort quasi culturel pour comprendre et visualiser. Ma cure de « Maigret » possède aussi une raison plus « écriture », en ce quelle constitue une discrète observation de la manière d’écrire et de construire de Simenon, afin d’essayer de la capter, de l’analyser en vue d’un projet d’écriture. Enfin et tout simplement, en vérité le roman policier constitue au moins la moitié de mes lectures en toutes saisons. Je n’en parle guère, du polar, mais j’en dévore !
Dans mon bureau, le plus long mur est occupé par les rayonnages de mainstream/fantasy/science-fiction, mais l’autre mur, les étagères noires, est surtout consacré au polar. Ayant toujours aimé Christie, Doyle, Leblanc et autres Stout, je me suis mis depuis quoi ? une douzaine d’années ? à entasser et lire du roman policier ancien, pas tellement du victorien comme l’aime JDB mais plutôt de l’entre-deux-guerres, du « Golden Age Crime ». J’ai bien du évoquer ici l’intense admiration que je me suis mis à concevoir pour Dorothy L. Sayers, Margery Allingham et Nicholas Blake, mais je lis bien d’autres de ces auteurs des années 20-30, je ne cesse de piocher dans ma bibliothèque afin de lire un Punshon, un Connington, un Wade, un Noël Vindry, un Daly King ou une Dorothy Disney… Je dévore cela comme l’on croque une friandise, et ne parlons même pas des auteurs récents, les Fowler, Rankin, Robinson, James, Grimes, etc. Plus une dose régulière de pastiche holmésien, bien sûr. Il y a tant à lire ! Tenez, figurez-vous que je n’ai quasiment encore jamais lu de Carter Dickson / John Dickson Carr, pourtant un immense auteur de roman policier. J’y viendrais. Il reste encore un tout petit peu de place sur les étagères noires.
Je ne commente guère non plus les essai que je lis ou que je consulte, les biographies idem… Mais en ce moment, je me délecte d’un essai / biographie que Martin Edwards vient justement de consacrer au roman policier de l’âge d’or, The Golden Age of Murder. Il y étudie la vie, l’oeuvre et l’inspiration des écrivains qui faisaient partie du Detection Club, le groupe anglais des grands auteurs du genre. Dire que je jubile est un euphémisme.
#2265
Retour d’un concert : Tigran, mélange de piano jazz solo et de chant religieux arménien, à l’église Sainte Croix. Bon, j’avoue que mécréant comme je suis, en voyant entrer les chanteuses en large robe, la tête couverte de leur grande capuche grise, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une réunion du Conseil Gris (les amateurs de Babylon 5 comprendront). Et d’ailleurs, dés le début j’en ai eu confirmation : ce doit être ainsi, la musique mimbari. Mais c’était beau, très beau, limpide, vibrant, assez proche de Philip Glass. Et à la fin les applaudissements claquaient sous les voûtes de pierre comme une violente pluie d’orage.
#2264
Retour du cocktail de lancement de la nouvelle librairie bordelaise Zone du Dehors. Elle est très bien, cette librairie, très belle, surtout en ce moment : ils n’ont encore exposé que les bouquins des Indés (plus des Trône de fer, proximité géographique du Patrick M. oblige). Bah, pourquoi ajouter des livres d’autres éditeurs, moi je dis que c’est parfait ainsi. Et puis sinon, dans la salle il y avait un cosplay de Stéphane Marsan et un autre de John Pertwee. Et Patriiiick en vrai. Impressionnant.
#2263
Beau début de journée. Je sors, et tout de suite ce vent frais et légèrement humide, sous un grand ciel bleu, me fait penser à l’océan. Sentiment renforcé par le bruit des bourrasques dans le haut des arbres, la senteur des fleurs, celle de l’herbe mouillée… Et jusqu’au fort accent du Sud-Ouest de Morgane C. au téléphone (hé hé hé) qui me fait penser à cette évidence pas encore bien ancrée en moi : « l’Atlantique n’est pas loin »…
Partant déposer encore un lot de Jawo à la boîte la moins loin (j’arrête plus), soudain une scène à la Patrick M. : « Monsieur Ruaud, j’ai un colis pour vous ». Et le facteur croisé dans le quartier à côté de me tendre une petite boîte, que, curieux, j’ouvre derechef : oooh, une boîte de macarons de St-Jean-de-Luz, cadeau de la maman de Xavier M. ! (je lui envoie de temps en temps des bouquins) « Friandises du pays basque ». Ça c’est chou.