#2394

Un peu d’insomnie. Les yeux fermés et les oreilles tendues, j’écoute ce que la nuit peut bien raconter. Mais elle ne s’avère guère bavarde, dans cet environnement citadin il n’y a ni criquet ni grillon (ces derniers se trouvent dans le pierré du chemin de fer et leurs percussions acides ne me parviennent pas), non plus qu’hiboux ou chouette, encore moins crapaud ou grenouille. Le glissement de l’escargot, le pas de la fourmi, le tissage de l’araignée, le vol de la phalène, ne font aucun bruit. Il n’y a que le long grommellement d’un moteur sur le boulevard, une moto dans le lointain, le silence surtout, un instant le feulement de roues sur l’asphalte, le grand calme nocturne d’une ville de province. Un train passe, houle urbaine, je me laisse emporter par le roulis des vagues, le visage caressé par la fraîcheur.

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