Écrire pour tenir un peu à distance le chaos du monde, et en tout cas son excessive chaleur ? C’est ce que j’ai fait ces derniers jours, en relisant, corrigeant et retouchant de manière intensive les épreuves de Missions hantées, mon dernier roman. Concentré au point d’avoir fait en trois jours ce que je supposais prendre une semaine. Je le regrette presque, déjà, tant il s’agit d’une étape de l’écriture que je savoure particulièrement. Enfin, le fichier vient de repartir chez l’éditeur. Fin d’une époque pour cet univers que je porte depuis… ouch, près d’une trentaine d’années. Les protagonistes n’en sortent pas indemnes. Dix volumes plus la compilation Folio : une bonne tranche de mon existence, somme toute.
Archives de catégorie : écriture
#6355
« Il y a encore des graines à cueillir et il y a encore de la place dans le sac des étoiles » est la citation d’Ursula Le Guin que j’ai placée en ouverture de Missions hantées, mon prochain roman à paraître. Il s’agit du dixième volume dans l’uchronie anglo-russe de monsieur Bodichiev, le détective à vapeur. Le dernier ? Il ne faut jamais dire jamais, on verra bien si l’envie m’en reprend — en attendant, celui-ci sort chez Koikalit fin août (Flatland pour le numérique) et j’en corrige ces jours-ci les épreuves, dûment annotées par le redoutable Tim Rey.
#6351
Inquiet, hors d’haleine, en fauteuil roulant, à la fin de l’an de grâce 2024 votre serviteur au bout du rouleau entama une série de textes personnels, dans une forme de catharsis. Juste des souvenirs, assemblés, polis, commentés : une sorte de dialogue intérieur afin de retrouver un peu d’assise. Puis j’eus l’outrecuidance de faire relire tout cela par quelques proches, par mon vieil ami Pagel et par mon fils aussi que j’évoquais plusieurs fois. Et ceux-ci de me suggérer de trouver un éditeur. Soit. Vraiment ? Flatland répondit go en deux jours, et un an plus tard je viens d’avoir l’expérience assez troublante de recevoir les épreuves du premier chapitre. Artefacts de la mémoire, brisures de coquillages, comment cela sera-t-il reçu ? No lo se.
#6335
Longtemps, j’ai mis à profit le moindre de mes voyages pour alimenter les fictions que j’écrivais, les enquêtes de Bodichiev. Non seulement je me refusais à écrire sur des lieux que je ne connaissais pas, mais c’est dans ces lieux vus et un peu connus que je trouvais matière à intrigues. Pour le dernier roman, Missions hantées, actuellement en relecture chez l’éditeur et devant sortir en septembre, j’avais tant épuisé tout le contenu de ma boîte à souvenirs (ma propre mémoire et les textes de voyages sur mon blog) que je fus obligé de me creuser les méninges et en particulier d’exploiter mes réminiscences d’une simple journée à St Ives. Au moment où je débute le travail de digestion et percolation des images de ces quatre jours auvergnats, délicieux, je ne saurai dire s’ils formeront à un moment ou un autre matière à fiction, d’autant que je pense en avoir fini avec monsieur Bodichiev — mais il ne faut jamais dire jamais.
#6328
Reçu avec joie le deuxième volume de ma collection de « polar vintage », L’Empreinte aux éditions Hervé Chopin. Me suis mis à relire les douze romans de la prochaine série que nous reprendrons, ainsi qu’à replonger dans des lectures « nature writing » (John Lewis-Stempel sur la nuit) car je commençais à saturer un peu de n’être que dans la fantasy. Pas abandonné mon « grand projet » pour autant, je viens de commencer un gros article sur Harry Potter, l’une des rares œuvres que je ne relirai pas spécifiquement pour ce guide tant je la connais sur le bout des doigts. J’y cite plusieurs extraits de mon propre blog car il est intéressant d’effectuer ce type de vues rétrospectives. Jardinage aussi : l’hiver je ne mets presque pas le nez dehors mais dès le beau temps, je plante, sème, nettoie, taille et déplace, le rangement des pots et le renouvellement de la palissade constituant un baume de l’âme aussi plaisant que les rangements de bibliothèques.