#2743

Nonobstant les tracas et urgences du lundi, les dossiers administratifs et le picotement incessant des mails et des sollicitations de mon attention, je suis pourtant censé me trouver en « période calme » et, de fait, ce week-end je n’ai guère fait que lire et écrire. Ah, écrire de la fiction, cette liberté, cette petite excitation singulière, je n’en ai que si peu le temps. Je n’ai pas trouvé à achever encore mon petit roman de cet été, mais en revanche j’avance dans une nouvelle et y prend grand plaisir. Cogiter à mon rythme, lentement, ou au contraire écrire soudain un paragraphe au plus vite pour suivre ma pensée sans la perdre de vue – je me suis remis à l’écriture manuscrite, pour ce texte là. Ah, et puis c’est le temps du bouclage de deux articles, pour une revue et pour un magazine, et c’est là une autre forme de satisfaction.

#2729

Ce matin je me livrais une fois de plus à l’une de mes activités favorites : ranger / réorganiser la bibliothèque (enfin, ma bibliothèque principale, la grande dans le bureau où sont tous les romans hors jeunesse et hors « polar »). Et en retombant sur ce recueil, je me suis interrogé. Devais-je le garder ? Car quoi, le relirai-je jamais ? Déjà, lorsque je l’ai lu ce fut un peu péniblement, en m’ennuyant passablement, tant l’humour et les allusions de tels romans sont éloignés de notre époque et de notre culture : je ne les ai lus que pour mieux saisir, justement, un certain esprit d’une toute autre époque, celle des Shelley et de Byron, lorsque je travaillais sur le mythe de Frankenstein. Je ne sais pas, en dépit de sa patine officielle et de sa réédition sérieuse, j’ai l’impression qu’une prose aussi poussiéreuse a encore moins de pertinence, littéraire et générale, que toute l’œuvre d’un Maurice Limat, par exemple (que je relis avec plaisir, lui). Et ma foi, à propos de Frankenstein, comme je le répondais il y a peu à un animateur de radio locale qui voulait m’interviewer : « Navré mais je réalise après avoir été interrogé par un ami traducteur que je ne maitrise plus ce sujet, sur lequel j’ai travaillé il y a exactement dix ans, et sur lequel je ne suis jamais revenu. Je ne me souviens plus assez des tenants et aboutissants de tout cela, à dire vrai, ma mémoire étant ainsi faite qu’une fois « déversé » mon travail de recherche dans un ouvrage, je passe à autre chose et ne retiens pas forcément énormément d’éléments en mémoire. »

#2715

En octobre 2003, une équipe de passionnés de SF, polar & fantasy s’est réunie à Lyon en vue de la création d’une nouvelle maison d’édition, sous l’impulsion de Patrice Duvic et d’André-François Ruaud. C’était il y a 15 ans et nous débutions alors les travaux sur notre première publication, une encyclopédie des littératures du merveilleux… Le chemin fut long, notre maison ne fut enregistrée qu’en juin 2004 et le livre vit enfin le jour en septembre 2004… Mais il y a 15 ans naissait tout de même cette belle idée, et aujourd’hui une troisième édition de notre livre fondateur se trouve dans toutes les bonnes librairies !

#2714

En fait, j’aurai fait de l’édition toute ma vie… Étant ado, j’avais pour rêve de devenir dessinateur de bédé et je faisais moi-même des petits albums, produits à deux exemplaires par la magie du papier carbone. Un de mes oncles vient d’en retrouver, qu’il m’a posté, il est assez étrange de revoir ces petites choses après tout ce temps. Et puis j’ai cessé de dessiner, mais pas d’écrire, et devenu lycéen puis étudiant je me suis lancé à cœur perdu dans le fanzinat, et mes récentes recherches dans les archives de Roland C. Wagner m’ont permis de renouer avec toute cette production incroyablement riche et fournie, nous étions jeunes et formidablement prolifiques… Et puis j’ai participé à divers ouvrages, au fil des ans, en commençant par un recueil de Jean-Pierre Hubert chez Denoël, à quelques magazines aussi, comme Ère comprimée ou Pavillon rouge, puis il y a eu la brève aventure des éditions Étoiles Vives, pour finalement aboutir de nos jours aux Moutons électriques, 15 ans déjà — et toujours à Yellow Submarine, sur lequel je planche encore ces jours-ci.