#2685

Dans ma tête, je suis encore sur les routes des Highlands. C’est le bonheur des beaux voyages, cette provision d’images qui m’habite encore longuement après le retour, et je resongeais hier soir à ce moment dans la voiture où, à l’avant, les garçons parlaient de Twin Peaks et des X-Files et où je saisi au vol, de derrière la vitre, ce fugitif aperçu de la forêt de pins que nous traversions alors, dans une brume qui tombait par voiles gris…

#2660

Il y a des images qui vous marquent. Et je sais que quantité de gags de Gaston, par André Franquin, sont pour moi des marqueurs visuels, des souvenirs forts, profondément liés à mon enfance, au point que j’ai toujours eu l’impression que, quelque part, Gaston et Franquin faisaient partie de ma famille. Je possède d’ailleurs toujours (en fichu état) le 5e Gaston à l’italienne, acheté par mon grand-père et marqué au crayon du prix de 4 francs 50.

#2604

Une curiosité retrouvée à l’instant dans mon ordi, en cherchant tout autre chose : une photo du grand-père de l’écrivain populaire Léon Groc posant devant sa librairie espérantiste à Paris, en avril 1916 (document scanné chez la fille cadette de Groc, Monique G. Chateau, il y a quelques années, juste pour le plaisir d’une belle photo ancienne).

#2594

Curieux sont les artefacts de la mémoire. En particulier, ces souvenirs vivaces de l’enfance qui, longtemps ignorés peuvent soudain ressurgir, si nets et si troublants. Un jour, chez un copain lyonnais, de découvrir dans sa bibliothèque un simple petit album pour la jeunesse, un « Petit livre d’argent », et ma mémoire s’ouvrit d’un coup : peut-être bien mon plus vieux souvenir, celui de la lecture de cet album. Je me revis tout petit à Saint-Brévin, assis par terre, regardant cet album. Chaque image m’en était bien connue, étonnamment familière, alors que je ne l’avais plus lu depuis cette lointaine fin des années soixante. Le rouge des camions de pompiers, chaque scène, gravées dans mes impressions intimes. Ah, et j’avais bon goût dite donc, c’est du Tibor Gergely !

De même le week-end dernier évoquais-je avec mon excellent camarade Pagel une émission télé sur les animaux, dont je ne retrouvais plus le titre. Il chercha dans de vieux Télé 7 Jours en ligne (!) et un tour sur YouTube exhuma le générique de ces « Animaux du monde » de François et Marlyse de la Grange, dont tout deux connaissions par cœur musique et animation, au point que Michel me dit avoir parfois cet air en tête sans s’en rappeler jusqu’à présent la provenance.

Et ce Mickey Parade trouvé cette semaine en boîte à livre ? En voyant la couverture, je sus immédiatement que primo je ne l’avais pas dans ma collection (alors que je m’approche tranquillement de l’intégrale), secundo je l’avais lu étant môme, tertio je me souvenais fort bien de l’histoire avec la civilisation de pingouins intelligents, qui m’avait alors marqué — et qu’il s’agissait forcément d’un Romano Scarpa, vu ce que je me souvenais du dessin. Et bingo, tout bon.