« Parfois un incident insignifiant, une odeur à peine perçue le plus souvent, nous rappelle, l’espace d’un éclair, un moment de notre vie. C’est si aigu que nous sommes saisis, que nous voudrions nous raccrocher à ce souvenir vivant et, l’instant d’après, il ne nous en reste rien, nous ne sommes plus capables de dire à quoi nous venons de penser. Nous cherchons en vain et nous finissons par nous demander, faute de trouver réponse à nos questions, si ce n’était pas une réminiscence de rêve ou, qui sait, de quelque vie antérieure ? » (Georges Simenon, L’Inspecteur Cadavre)
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#2796
Le fanal rouge marquant le début de la zone piéton vibre et tire un filet vermillon jusqu’au bout de la rue sur les pavés vernis de bruine, tandis que la flèche de l’église se gomme dans l’ouate brumeuse. Après ces jours caniculaires on savoure un air gris, tendrement humide, sous le sifflement des martinets. Cours de l’Yser passe en vélo un sosie de Bernie Saunders, suivi par un joli brun boudeur. Des livres ? Oui j’en ai trouvé, car triste serait un week-end sans trouvailles de papier.
#2788
Des ponts sur le temps : hier je rappelais à Michel une conversation que nous avions eu en 1994 ou 95, et aujourd’hui je commence à relire un roman (A Million Open Doors de John Barnes) que j’avais lu à Bordeaux lors d’un séjour chez Patrick, vers la même époque je pense. Down memory lane et toutes ces sortes de choses.
#2785
Ooooh, je reviens de la brocante Saint-Michel où tout à fait fortuitement j’ai croisé les pas d’une célébrité locale, que pour respecter son anonymat nous ne désignerons que par les initiales P. et M. Et cet homme qu’une bonté infinie pare d’un halo presque surnaturel, m’a fait deux cadeaux, dont… le dernier Fantômette qui me manquait !!!! Je suis joie, je suis émotion, et du coup je crois que je vais pouvoir assez aisément le pardonner d’avoir critiqué le bel orange de mon t-shirt. P.M. est formidable, il faudrait le dire plus souvent.
#2780
Odeurs de feuillage, de fleurs, quelques bourdonnements, les gloussements d’un poulailler non loin d’ici, la chatte qui se roule sur les dalles grises. Hier soir l’existence me paraissait une plate boutique, comme disait Flaubert, et je me suis couché tôt : je n’en fus récompensé que d’une longue insomnie, qui me permit la lecture d’une bonne moitié d’un Simenon « dur ». À 5h 25 le tintement d’un texto, une jolie nouvelle, tandis que par le vasistas entrouvert filtraient les vocalises matinales des volatiles. Matin lecture, encore, mais au jardin, avant que de regagner ma serre de lettres imprimées, comme disait Gébé, pour en préparer d’autres, le flot plaisant des polars fantastiques de Maurice Limat, dont la musique désuète mais habile occupe en ce moment mes journées.
