#2272

« When I was young I fantasised about the future. […] Now that I’m living in it, I find it all a bit tatty. I was expecting us to be on other planets by now. I wanted genetic transformations and orbiting cities instead of Internet porn and small improvements in personal stereos » déclare Arthur Bryant dans l’un des romans de la série Bryant & May par Christopher Fowler, que je relis avec délectation. Et je partage son sentiment, c’est sûr. Notamment, je ne pensais pas qu’il ferait si chaud, dans le futur. Ni que Cabu serait encore dans le Canard enchaîné (il a été drôle, un jour, ce dessinateur?).

Enfin, en tout cas je m’éclate vraiment à relire Chris Fowler, et j’attends le prochain avec impatience (début août, chic). Et ne me lasse pas d’être épaté de si bien connaître les lieux de ces enquêtes, tout comme ceux hantés par les personnages de Ben Aaronovitch et Mike Carey: marrant comme Bloomsbury et tout le nord-est est devenu territoire du fantastique urbain de Londres…

En parallèle, je lis The Night Watch de Sarah Waters, superbe et captivant roman sur et autour du Blitz (en VF il s’intitule Ronde de nuit). Certains écrivains ont le pouvoir de faire vivre, juste en quelques lignes, de véritables individus, de créer des existences entières.

#2271

Avant de voir une expo de Gerhard Richter à Londres, l’avant-dernière fois que j’y étais, j’avoue que je n’avais pas entendu parler de ce peintre allemand contemporain, visiblement fort important et reconnu. Une expo se tient actuellement à Beaubourg — dommage, je n’ai pas l’occasion de monter à Paris — et ce qui m’a franchement attiré le regard, c’est d’apprendre qu’une de ses immenses toiles s’intitule… « Chinon ». Apparemment, en 1987 le monsieur est venu peindre du côté de chez mes parents.

#2268

Cinquième collaboration Fabrice Colin / AF Ruaud: voici la couv de notre prochain album, à paraître le 24 octobre. Illustrations Arnaud Cremet et Alexandre Honoré. Cette fois c’est un peu plus pour les filles et pour un peu plus jeunes, 7-8 ans. En même temps, l’éditeur va rééditer sous nouvelle couv notre Grimoire de Merlin. Et il paraît qu’on va enfin recevoir des exemplaires de la trad espagnole des Chroniques du monde noir. Venez à nous les petits nenfants…

#2264

Quatre jours de congés. Fraîcheur, verdure, quel soulagement. C’est bien une idée de citadin que de croire que les nuits à la campagne sont paisibles — aboiements incessants, hululements, pépiements, craquement végétaux divers… De retour, me restent en tête l’attendrissante beauté des enfants mâles de la lignée (réunion de famille annuelle) ; une conversation avec la célébrité de la parentelle, le réalisateur Jacques Richard ; le traditionnel tour en forêt, en passant devant la maison de Blanche-Neige (et la mine des sept nains) ; la mer de fougères sous les grands pins qui murmurent ; les rails luisants sur les cailloux rouges ; la perspective soyeuse d’une pelouse en pente douce ; l’oie qui se trémousse comme si elle portait une crinoline ; les rues médiévales du Mans, comme un décor de musée ; une venelle oubliée de Chinon, grimpant sur le coteau entre caves demeurantes à l’abandon et jardin en friche, où un chat orange se prélasse sous les abricots ; puis une autre montée, comme quoi l’on peut fort bien faire de l’exploration urbaine même dans une si petite ville ; les vieilles photos de famille, avec le mystère du gros monsieur et de son frère prêtre, inconnus au bataillon, et de ce portrait de mariage Belle Époque aux protagonistes tout aussi inindentifiés ; relire du Christopher Fowler en se calant le dos pour échapper aux douleurs du lumbago ; l’odeur d’herbe après la pluie dans le jardin, sous la tonnelle de roses et sous le prunier ; la brulure piquante de la poussière dans le grenier, à la recherche de vieux numéros de Spirou.

#2263

J’entretiens sévèrement mon obsession, ces semaines-ci, en travaillant sur des articles sur Londres. Et voici que le blog de Christopher Fowler me fait découvrir que la télévision anglaise diffuse en ce moment une série de documentaires sur des rues de Londres et leur histoire — c’est fait pour moi ! J’en ai déjà vu deux hier soir, c’est très bien fichu. Et ils finiront la série par un 6e épisode sur Arnold Circus, un de mes lieux fétiches. Si je n’avais pas chopé un fichu lumbago, je dirai presque que la vie est bien faite. Et demain je m’absente pour 4 jours de vacances dans la campagne tourangelle.