Monsieur le maire, pourquoi il y a-t-il si peu de bancs dans notre belle ville ? Longue promenade : faute de pouvoir travailler, la marche calme mon organisme et réjouit ma tête, le plaisir un rien surpris d’être un citoyen bordelais ne s’estompant guère après huit années de retour d’exil. Ruelles et détails quotidiens, fleurs de trottoir, jeune femme assise sur sa fenêtre en rez-de-chaussée lisant un gros bouquin, deux gamins juchés sur le toit d’une sanisette sous les arbres, une grosse dame aux tresses blondes tirant ses volets blancs, des toboggans abandonnés, la marche chaloupée des pigeons, les piafs dans les noyers, un reggae dans une courette près d’un établi… sous un ciel poudreux.
Archives de catégorie : journal
#3089
À petits pas. Les rendez-vous médicaux. Les corrections d’épreuves du prochain recueil. Les tomates qui mûrissent. Les lectures satisfaisantes (un Maigret sans Maigret, Monsieur La Souris). L’héritage inattendu de ma vieille voisine (quatre bouteilles de vin de petit exploitant). Les papillons qui passent.
#3088
Deux ou trois fois par jour, je vois cette petite bête, robuste bourdon velu, bombus, venir butiner certaines fleurs de mon patio. C’est l’une des présences familières d’un environnement réduit, tandis que je passe dolent, branlant, d’un roman à un carnet. D’autres insectes bourdonnent dans la chaleur, en particulier de petites abeilles, et un papillon citron (Gonepteryx rhamni) volette.
#3086
De grands roulements, passe un convoi ferroviaire, qui emplit un moment le quartier de sa sourde rumeur de métal. Suivent les cloches, autre son de fer, une église puis une deuxième. Levé tard, très malade hier — déjà porté au propre 89 000 signes de la novella « Les arrières mondes », j’ai trop forcé. Je tangue, moi qui en bateau n’ai pas le mal de mer. Avantage de la maladie, j’ai perdu près de 4 kilos. Repos dominical, pas d’écran aujourd’hui. Un vent atlantique agite les arbres.
#3085
Les martinets sifflent en haut du ciel, ce matin, presque invisibles dans ce bleu grisaillant annonciateur de chaleur. Ma tête chahute, j’écris entre deux vertiges, à la petite table métallique du patio. Quand l’ombre du bambou sera devenue trop grêle je rentrerai au salon. Je me tiens à mes 5000 signes minimum par jour, comme chaque été. Généralement plus, et mes malaises me frustrent. Au point que j’écris même un peu le soir, sur l’iPhone, au moins une scène de mon puzzle avant de dormir.