#6289

Dans le cadre de mon « projet fou » de relecture de toute la fantasy, je lis en général deux romans en même temps, et en ce moment l’un des deux est par Jonathan Carroll, ce monument — auteur étrange, inquiétant et jubilatoire hélas méconnu, et d’ailleurs il n’arrive plus à se faire publier même en anglais. Il y a un roman qui n’est paru qu’en polonais, langue que je maitrise assez peu je l’avoue. What a shame.

#6282

Depuis combien de temps ? Les jours et les mois filent si vite que je ne sais plus depuis quand j’ai débuté ce projet un peu fou. Je relis la fantasy. Toute la fantasy. Et je prends des notes, non, plus que cela : au fur et à mesure de mes (re) lectures je rédiges les portions pertinentes d’un guide de lecture que je veux être à la fois très personnel et exploitant au mieux mon… expertise ? Ma grande connaissance du genre, en tout cas, avec le recul supplémentaire que me confère cette activité de relecture complète. Une géographie de la fantasy, entièrement réévaluée. La dernière fois que j’avais vraiment bossé sur le domaine, c’était déjà il y a entre 20 et 25 ans de cela. Et je n’avais pas alors forcément tout relu. Cette fois par exemple je reviens sur des lectures des années 80, et c’est fascinant — et rassurant : le cycle d’Ambre excepté, tout s’avère finalement plutôt meilleur que dans mon souvenir. Et oui, j’en ai pour encore deux ans au moins. Avec plaisir.

#6159

Samedi dernier, je passais aussi devant la rue des Vivants et l’une des dernières ruines des entrepôts Motobloc, la firme bordelaise d’autos et motos. Et je lis le roman du même nom de Suzanne Martin, enfant de ses rues pauvres et ouvrières racontées dans une langue éblouissante d’invention et de « beauté inquiète », comme dit son rééditeur l’Arbre vengeur. De la belle littérature prolétaire, à l’écriture fascinante, mais infiniment triste.