#2998

Mes rêves sont tumultueux et bien symptomatiques en ce moment du sentiment d’enfermement et de perte de vie sociale, de toute ces frustrations. Cette nuit je me trouvais plus ou moins à Londres en compagnie de Melchior et Mérédith (et de leurs compagnes), mais horreur malheur, nous portions des masques, même dans mes rêves maintenant j’ai intégré cette contrainte-là. Et de jour, horreur malheur il n’y avait pas un brin de vent la semaine dernière et à chaque sortie je me suis payé un beau mal de crâne, particulièrement carabiné samedi en rentrant des parages pourtant si verts du pont d’Aquitaine : pollution maximale et empoissonnement au dioxyde de carbone — d’ailleurs on distinguait à l’œil nu le voile fatal, un trouble gris-rose sur la ville. La pluie cette semaine devrait au moins rabattre les particules. C’était le message grognon du lundi matin.

#2997

Brève escapade ce midi pour respirer : une balade rive droite jusqu’à Pola, pour aller déjeuner au bureau de mon camarade David, éditeur à l’enseigne de l’Arbre vengeur. Bord de Garonne et ragondin familier (voilà qui est autrement plus original, comme animal d’éditeur, qu’avoir des chats), respiration en effet.

#2996

La nuit dernière, j’ai été sauvé par des livres de chez ActuSF. Vers 5h du matin, klong ! Je suis réveillé en sursaut par un claquement, et un affaissement du matelas de mon lit. Les chattes s’enfuient, sauf Jabule toujours impériale. Je soulève le matelas – uh, le pied du sommier a cassé, étrangement l’extrémité de la barre centrale n’était qu’un truc en plastique, collé à l’entourage en fer et qui vient de se briser. Je descends chercher un mètre, je remonte mesurer la hauteur du sommier : 21 cm. Je redescends, vais à la cave et trouve aussitôt un petit carton bien lourd et solide, des invendus d’ActuSF qui datent d’un salon d’il y a deux ans. 19 cm de haut, bon, je prend aussi une petite planche et je remonte : je glisse le carton sous le lit, surélève et protège ce socle improvisé avec la planchette, soulève la partie brisée du sommier et la pose dessus, remboite les trois lattes déboîtées, et voilà : un sommier de nouveau solide. Les chattes de retour approuvent le dispositif, il est 5h 30 et je me recouche. Merci ActuSF, ça c’est de la littérature qui réconforte.

#2995

Triste nouvelle ce matin : le fan marseillais Daniel Le Mercier serait décédé en avril dernier. Il y avait bien longtemps que je n’avais plus de ses nouvelles, depuis 2014 je crois, mais fut une époque où ç’avait été un chouette camarade de conventions, et j’avais été chez lui une fois, dans un appartement marseillais meublé comme un épisode de Maigret. Que dire ? Comme vient de me le dire un ami commun, « c’est vraiment un chouette gars qui nous a quitté trop tôt. » Je pense aussi à son fils Pascal, que j’ai connu grand ado.

#2994

J’avais vendu à mes camarades des Saisons de l’étrange le principe d’une trilogie de volumes consacrés à mon détective privé, Bodichiev, et ils les ont concrétisés, je leur en suis infiniment reconnaissant — le troisième, le roman Menace sur l’Empire, est paru il n’y a pas longtemps. Allez voir leur financement en cours, d’ailleurs (« La foire de l’étrange » sur le site Ulule), c’est plein de lots très alléchants et leur but est rendu plus aisé à atteindre grâce à un récent mécène, les textes sont excellents et ça vaut donc grave le coup de les soutenir — mais bref, il s’est avéré que mon goût pour Bodichiev se trouvant réveillé, j’avais envie de poursuivre au long cours, j’ai déjà deux volumes d’avance… et la chance qu’un autre petit éditeur vient de me proposer d’assurer cette suite. Entre Christian Robin cet éditeur, Michel Pagel qui me relit, Mérédith Debaque qui continuera à être mon directeur littéraire et Melchior Ascaride aux couvertures, j’estime avoir une veine inouïe. Je termine donc une deuxième lecture du prochain roman, Les Trois cœurs, qui devrait sortir en novembre chez Koikalit, je fini une nouvelle à Oxford — et hier soir ai pris pas mal de notes pour une autre, où je vais me « risquer » pour une fois à créer des décors que je n’ai pas visités. J’avais déjà fait cela dans une nouvelle située au sein du même univers, pour une anthologie qui doit sortir en début d’année prochaine, et le hasard de lectures concomitantes sur Raguse (Dubrovnik) m’inspire pour tenter cette autre escapade.