#2968

La toujours étonnante coutume des cadeaux de fin d’année par les fournisseurs… Le chef de fabrication qui m’envoie du thé, chouette. L’imprimeur des Hélios qui m’envoie… euh, des chaussettes de Noël ?! et elles sont très jolies ! Et le diffuseur qui m’envoie… beuuuh, des chocolats, je suis allergique au cacao — mon assistant va être ravi, ils seront pour lui !

#2967

Ma vie passionnante : hier soir, je me trouvais sous la douche lorsque soudain deux scènes de l’univers de Bodichiev me vinrent en tête, et à peine séché je me suis précipité sur l’iPad pour les rédiger toutes deux, près de 5000 signes tout de même. C’est étonnant, deux petites tranches de vie de Viat, comme si maintenant j’étais « branché » sur cet univers parallèle et en recevait des bribes. (Non non ça va, je n’en suis pas encore au chapeau en aluminium)

La semaine dernière, je suis parvenu de haute lutte, c’est-à-dire en pointillé entre deux petites tâches pour les Moutons ou pour AENA, ou entre deux réunions visio, à écrire une nouvelle dans ce même univers et, grand bonheur, l’éditeur me l’a promptement acceptée avec le qualificatif de « parfaite ». Comme par ailleurs mon fils (partiellement modèle de Viat, de même que Bodichiev m’est en partie un alter-ego) venait de me dire plein de jolies choses sur mon dernier roman, cela illumina mon week-end.

#2966

Enfant d’une certaine modernité, celle forgée dans les années Pompidou, et d’une ville nouvelle, Cergy-Pontoise, où j’ai grandi, j’ai toujours été et je demeure fasciné par certains artefacts d’un « avenir radieux qui n’avait jamais été », comme l’écrit Philippe Vasset. C’est pourquoi dans mon nouveau roman, Menace sur l’Empire (comment, vous ne l’avez pas encore commandé ?), je mets en scène notamment une arcologie et un aérotrain. Un ouvrage de Vasset que je vient de lire, Une vie en l’air,  évoque ce dernier, et comme l’auteur je suis fasciné de longue date par le rail de béton qui traverse encore la Beauce, « parapet d’un projet oublié ». L’aérotrain aurait du venir à Cergy, justement : las, ce rêve technologique fut abandonné. Vasset en parle superbement et… rêveusement, en habitué des propos psychogéographiques. Dans une nouvelle finie hier, que je vais soumettre à une anthologie, j’évoque également les ailes volantes, autre objet hautement rétro-futuriste.

#2965

Gosh, j’ai fait un truc de ouf, aujourd’hui : je suis sorti. Pire : je suis allé en centre-ville, dans une librairie. Bon ça va, il n’y avait quasiment personne dans les rues, en fait le couvercle nuageux et les averses teintaient tout Bordeaux de grisaille. Mais même dans cette ville semi crépusculaire, eh bien que c’est agréable que marcher un peu, de lever le nez sur les belles façades, de se réjouir d’un bref instant de ciel bleu ou du doré d’un éclat de soleil. Un rien de normalité. On l’oublierait presque.

#2964

Giscard. Je me souviens d’un soir où, à la sortie de notre collège à Cergy-Pontoise, un copain de classe me confia qu’il avait l’impression que le monde avait toujours été tel qu’il était à cet instant, avec par exemple VGE comme président, que le monde était ce que nos parents en faisaient. Cette remarque me frappa par sa justesse — et son anormalité. De ce moment, je décidai de me forger ma propre opinion, notamment politique et, à la médiathèque, je commençais à me renseigner, portant très vite mon choix sur les écologistes de l’époque, les Edgar Morin, les Solange Fernex, les Serge Moscovici, qui portaient alors une parole d’écologie politique toute neuve. Mon copain, lui, pris visiblement le parti inverse, demeurant dans le giron des convictions parentales puisqu’il passa comme chef de cabinet d’un des pires ministres de la culture qui fut, et devint ensuite directeur d’écoles d’architecture, la discipline de son père.