Je lisais dehors, le cul sur un coussin pour me protéger de la rudesse de la chaise en fer, et le bleu lumineux du ciel se voilait d’à peine quelques volutes blanches en ce printemps de février. Des petits bruits de dégringolade crépitaient de temps à autres du côté du mur, comme des miettes, et la chatte, à mes pieds, se tenait aux aguets. Au bout d’un moment le coupable se montra, en équilibre sur une branche du troène, au-dessus de la haute muraille. Le merle picotait des graines, ça grinçait et se balançait, tranquille. La chatte monta sur l’autre chaise, en miaulant parfois et me coulant des regards interrogatifs. Notre bonhomme merle, son repas fini, sauta sur le sommet du mur et demeura là longtemps, parfois silencieux, attentif, parfois chantant, artiste. La chatte épuisée par tant d’émotions rentra et monta à l’étage se coucher sur mon lit. Le gros volatile noir gazouillait, pépère, pensif, puis se décida à prendre son envol.
#2770
Promenade vespérale, dans cette douceur inattendue de l’air. Puis le cerveau se met en route à la vitesse des pas, c’est-à-dire lentement mais sûrement, et je songe à la manière de terminer, enfin, mon petit roman de cet été ; puis me viennent les arguments et la structure du grand papier que je dois rédiger demain pour un dossier de subvention. Rentré fourbu mais somme toute assez content, tant le travail semble s’être fait ainsi sans difficulté, de façon déliée.
#2769
Dimanche matin encore j’écoutais du Talk Talk. Vingt ans que Mark Hollis à force d’approcher le silence l’avait atteint.
#2768
« Un catalogue pour les gouverner tous. Un catalogue pour les trouver. Un catalogue pour les amener tous et dans l’anniversaire les lier. » Eh oui, les Moutons électriques sont dans leurs 15 ans, dite donc !
(On fera cet été une version papier du catalogue, pour le moment il est en ligne ; couverture par Melchior Ascaride, maquette par Martin Wagneur)

#2767
Travaux en cours : je prépare, une fois de plus, un nouveau livre sur Londres… Je pense donc notamment à monsieur Hercule Poirot, dont la résidence s’élève ci-dessous dans toute sa grâce printanière, sur Charterhouse Square…
