Un cyprès… « Intrusion sévère, violemment protestataire, de l’univers des solides parmi la folle agitation féminine, hystérique, des feuilles et des vergettes à chaque instant mises en émoi par le vent. Tout ici est refus exemplaire de la flexion. Les rameaux se referment sur le tronc comme le faisceau contreforté d’un parapluie, se soudent durement par la pointe comme les poils d’un pinceau encollé. Les fruits, minéralisés, d’une rigidité étrange de fossiles, font penser à de minuscules ballons de football éclatés aux coutures, mais ces segments disjoints qui provoquent l’ongle, nulle force ne peut les séparer. » (Julien Gracq, Carnets du grand chemin, 1992)
#2629
Accident domestique presque lovecraftien : j’avais entendu à l’étage comme un glissement, auquel je n’avais guère prêté attention, les chattes se trouvant là-haut toutes les trois. Et patatra ! Quelques heures plus tard, un fracas, un cadre est-il tombé, une étagère de livres ? Mais non: sur le palier git une grande chose verte, dans un désordre de tentacules froissés. Certains, tranchés net, suppurent un liquide gluant, des filets de bave s’étirent sur les plaies, un tentacule a même chut dans l’escalier. Horreur, malheur : c’est la grande aloe vera qui est tombée.
#2628
Paraît que c’est le jour de la marmotte? Me suis levé à presque 10h, après une nouvelle nuit insomniaque. Groumpf. Bon, grippe, finie. Lumbago, fini. Porte, blindée. Trump, toujours président. Macron, aussi. Mais il fait beau, semble-t-il.
#2627
Je poursuis mes lectures et quelques réflexions sur ce phénomène qui me passionne au sein de l’imaginaire, ce que je nomme le « néo-pulp »… Je viens de regarder avec grand plaisir les deux saisons de la série Dirk Gently, j’ignore quel rapport ça avait réellement avec les romans de Douglas Adams, dont je ne me souviens plus, mais en tout cas quel allant, quelle folie, et pour une fois voici une deuxième saison qui me plaisait encore plus que la première — le rapport à l’enfance, cet univers de fantasy, la réaction horrifiée du mage lorsqu’il découvre qu’il est un personnage imaginaire… Vraiment, ce fut un beau trio de détectives de l’étrange ! Et j’ai commencé hier soir à relire le comics de Gabriel Ba, Umbrella Academy, ayant réalisé que je m’avais jamais lu le deuxième volume. C’est bien fun, et graphiquement très esthétique (je trouve).
#2626
Depuis quelques années, je me passionne pour une nouvelle forme littéraire, une sorte de résurgence de la fiction « pulp » et du surnaturel dans des modes très actuels, post-modernes et finalement plutôt « grand public »… (sur la photo, mes lectures récentes dans ce style) Une copine libraire me confirmait l’autre jour avoir elle aussi constaté que le fantastique plaisait de nouveau beaucoup, et que ce « néo-pulp » séduisait énormément, que les gens le tiennent même comme moins « intimidant » que les littératures de genre plus identifiées, plus installées comme la fantasy ou le space op. Et de me citer les trad de Jim C. Hines et de Daniel O’Malley, autant de séries que j’ai effectivement apprécié dans cette nouvelle mouvance et qui sont parmi les premières traduites chez nous. Bref, tout ça pour dire que les lignes bougent, que l’imaginaire bouge… et que ça me plaît beaucoup, tant comme lecteur, forcément, que comme (co-) éditeur puisqu’en fait ce sont ces diagnostiques qui nous ont lancés dans le lancement du nouveau label Les Saisons de l’étrange. La campagne de « crowdfunding » entre dans ses derniers dix jours, on croise vraiment les doigts pour atteindre le huitième bouquin, ce serait trrrrès chouette! allez-y voir : https://fr.ulule.com/les-saisons-de-letrange/