#2276

Curieuse collision ce matin : je rêvais que je me trouvais à Bordeaux, ça oui, les rues de basses maisons de pierre blonde se reconnaissaient aisément, mais cela montait et descendait, ondulait de colline en colline, comme à San Francisco (note pour ceux qui ne connaissent pas Bordeaux : it’s flat, utterly flat). Je finissais par déboucher sur les quais, où une verte et haute épaule de sombre montagne dominait la baie de Bordeaux, je me disais que c’était chouette, je pensais à Cardiff puis à la maison de Philippe, dont l’arrière en bois m’avait effectivement fait songer à Barbary Lane (in les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin). Derrière la porte de Bourgogne, Patrick habitait dans une haute maison à la façade de bois turquoise. Un coup de vent frais me réveilla, et ce n’était pas la mer que j’entendais mais la rumeur d’un train.

#2275

Apophénie et paréidolie. Il y a quelques soirs de cela, alors que je venais de regarder un concert de Santana, le moteur de YouTube décida soudain de me proposer un document sur les formes humanoïdes sur Mars. Intrigué, je regarde la chose… et découvre avec un mélange d’amusement et de vertige  le phénomène provoqué par les images transmises par le petit robot Mars Curiosity Rover, images que je vais de temps en temps admirer (d’où certainement ce lien subitement proposé). Des fanas d’ovni et de théorie du complot scrutent les images à la loupe et ne cessent apparemment pas d’y discerner des tas de ce qu’ils nomment des « anomalies » et pas mal de silhouettes humanoïdes… Et de passer leur temps à expliquer tout ça sur YouTube, avec force entourages en rouge, grossissement de pixels et, la meilleure, voix truquée pour faire robotique (wtf). Au sein de tous ces oiseux exposés, j’ai retrouvé la fascination teintée d’un peu de malaise que je pouvais avoir étant môme pour les J’ai Lu rouges de « L’Aventure mystérieuse ». Prendre des vessies pour les lanternes de l’archéologie, voir des formes signifiantes dans tous les cailloux, estimer être d’indubitables sculptures ce qui ne me semble que bêtes rochers, et puis sur tout cela l’espèce de frisson de la science-fiction, un reflet du « sense of wonder » étrangement distordu — une base secrète sur Mars? des humanoïdes à foison? Ah, je voudrais bien.

#2274

Lorsque j’ai pris la décision de déménager à Bordeaux, je travaillais avec l’illustratrice Amandine Labarre sur un bel album de fantasy dont le texte très miyazakien est par son frère Nicolas (les Moutons publient cela en novembre prochain). Et Amandine de me dire « oh mais sais-tu que Nicolas habite à Bordeaux ? ». Ah oui, en effet: juste deux rues derrière chez moi, en fait, nous sommes voisins ! Un voisinage fort agréable avec cet universitaire spécialisé dans la BD, qui m’a fait le chapitre sur Moorcock pour le Panorama et est censé me préparer un autre roman. Il dessine, aussi, et il écrit bien sûr. Genre, cet intéressant papier sur ses récentes recherches sur le lien Métal Hurlant / Heavy Metal.

#2273

93 ans c’est un bel âge, bien sûr. Malgré tout je ne peux pas m’empêcher de ressentir un véritable chagrin à l’annonce de la disparition de Patrick Macnee. Voilà un monsieur qui fait profondément partie de mon imaginaire ; je crois que si je suis tant anglophile, c’est en grande partie de sa faute. Je me sens un peu orphelin, soudain. Il y a comme ça quelques décès que je redoute, un autre est celui du poète Jacques Réda, également très âgé.