#2280

Pfouh, je n’ai guère envie de bosser, en ce moment, je tourne un peu au ralenti… Je me sens maussade, comme le ciel ce matin. Entre la lourdeur de l’air et puis, quoi, c’est l’été, quand est-ce que je vais prendre des vacances ? Réponse : rien de prévu à l’horizon. Pfouh. Comme d’hab des envies de Londres — beaucoup — et de San Francisco — un tantinet — me tiraillent un peu. Bon, je retourne bouquiner…

San Francisco 1952

#2279

Depuis seize mois que je suis devenu bordelais, je suis également devenu accro — à la brocante Saint-Michel du dimanche matin. Rien d’étonnant à cela, ç’aura même été tout à fait délibéré. Pour avoir vendu autrefois, une unique fois, sur la brocante, et pour avoir toujours tenu celle-ci comme l’un des regrets d’être exilé dans une cité lyonnaise où les vide-greniers sont si peu en vogue, je savais bien qu’en arrivant à Bordeaux ce parvis serait pour moi d’une attraction irrésistible. Enfin, ce ne fut pas tout de suite le parvis mais je préfère les voir étalées en désordre sous la flèche de Saint-Michel, ces brocantes, qu’alignées sur les quais comme cela fut durant le temps des travaux. Alors, bien sûr, ça représente un budget — une poignée d’euros chaque semaine, un billet bien souvent. Qu’importe : j’estime qu’à mon âge (bientôt 52 ans) il me faut me faire plaisir, tâcher de trouver un peu de fun, m’offrir un peu de confort, avant la fin du monde, n’est-ce pas ? So there: another haul this morning. Bliss indeed.

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#2278

Dormir par cette chaleur, avec dans les 26° dans ma chambre sous le toit le soir quand je monte me coucher, c’est bien sûr peu idéal, en particulier parce que cette chaleur nocturne me provoque des cauchemars. Avant-hier j’en avais fait un si long et si construit que même sous la douche, au matin, j’eus du mal a m’en débarrasser. Le problème, c’est que j’ai bien une « chambre d’été », à savoir la petite chambre d’appoint qui est au niveau de la cave — la température actuellement y reste stable à 23°. Mais je suis claustro et n’aime pas trop dormir là, en dépit du fait qu’il y ait quand même une fenêtre au ras du trottoir. Hier soir je me suis donc amusé à tenter une autre option, à laquelle je pensais depuis un petit moment. L’option Roger Deakin, l’ai-je appelée.

Regarder le tumulte des nuages allongé dans son lit puis, un peu plus tard, remettre ses lunettes pour admirer les quelques étoiles qui percent la pollution lumineuse urbaine, de plus en plus profuses et lumineuses. Contempler les branches que secoue le vent nocturne et écouter leur rumeur. Goûter la caresse de l’air…

Bref, j’ai dormi à la belle étoile. Et ce fut extrêmement agréable. Ayant placé le matelas d’appoint sur la partie terrasse, contre la porte du salon, ainsi ai-je profité pleinement d’une nuit fraîche et douce. Sans plus de moustiques qu’à l’intérieur, ma foi. Une nouvelle dimension de cette maison. Je vais recommencer!

(Roger Deakin était un formidable auteur de « nature writing » anglais, qui avait l’habitude de dormir à la belle étoile)

#2276

Curieuse collision ce matin : je rêvais que je me trouvais à Bordeaux, ça oui, les rues de basses maisons de pierre blonde se reconnaissaient aisément, mais cela montait et descendait, ondulait de colline en colline, comme à San Francisco (note pour ceux qui ne connaissent pas Bordeaux : it’s flat, utterly flat). Je finissais par déboucher sur les quais, où une verte et haute épaule de sombre montagne dominait la baie de Bordeaux, je me disais que c’était chouette, je pensais à Cardiff puis à la maison de Philippe, dont l’arrière en bois m’avait effectivement fait songer à Barbary Lane (in les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin). Derrière la porte de Bourgogne, Patrick habitait dans une haute maison à la façade de bois turquoise. Un coup de vent frais me réveilla, et ce n’était pas la mer que j’entendais mais la rumeur d’un train.