#2547

Il fait tellement doux, en ce moment, que le matin je m’assoie dans la chaise longue, au dehors, et que je lis au soleil. Bonheur simple, partagé par les trois chattes qui gambadent alors autour de moi, se roulent sur la terrasse, mangent de l’herbe, frémissent du museau… Pour ma part, ne sachant guère frémir du museau je tend simplement l’oreille, tâche d’écouter un peu le calme de la ville, la rumeur du boulevard comme un souvenir d’océan, un train qui passe, les oiseaux, un tintement, un aboiement, un coq, une cloche, un pigeon… Toute cette tranquillité depuis un minuscule bout de jardin au fond d’une impasse. Pas grand-chose à demander de plus.

#2546

The flat was dark and cosy, filled with wood and red fabric, the sort of place Edwardians liked to read improving books in.

Lectures encore. Suis en train de lire The Clown Service de Guy Adams, premier volume d’une série mêlant étroitement espionnage et magie dans une forme de fantasy urbaine aussi originale que réjouissante — le style est très bon, l’humour également, c’est Chapeau melon avec de vrais bouts de surnaturel dedans. Suis également dans The Company Man de Robert Jackson Bennett : ayant été renversé par la puissance d’inspiration de son City of Stairs, j’ai voulu savoir ce que cet auteur faisait d’autre et sa proximité de force et d’inspiration avec China Miéville est encore renforcée par ce polar steampunkoïde, style superbe, auteur à suivre. Enfin, Le Guépard de Lampedusa, il y avait déjà bien une dizaine d’années que je ne l’avais relu, toujours un plaisir étrange, d’infusion lente et savoureuse.

#2545

Je n’évoque pas trop ici les morts, mais bien entendu cela pèse sur le moral comme sur l’atmosphère, Leonard Nimoy, sir Pratchett, Daevid Allen, ce sont de grands pans de mon univers mental qui se figent dans l’histoire, le chagrin privé rejoint la douleur publique. Ou pour le dire comme par ici : ça daille, quoi.

#2544

Lu ce matin la version noir et blanc du Chaminou de Raymond Macherot, dans cette si belle collection des éditions Niffle. Comme d’habitude les commentaires courant en bas de page, par Hugues Dayez, ne me satisfont pas pleinement, demeurant superficiels, sans aucune analyse narrative, seulement de l’anecdotique historique. C’est dommage, mais pour le reste, quelle splendeur que du Macherot en grand et sans couleur, bien mis en valeur sur beau papier, et cette histoire ahurissante, tellement épatante. Les yeux se régalent, les papilles se réjouissent.

#2543

Lectures : fini The Whispering Swarm de Michael Moorcock, curieux et très beau mélange d’autobio, d’univers parallèle et de fantasy ; l’absolument renversant City of Stairs de Robert Jackson Bennett, de la fantasy post-magique comme l’on dirait de la SF post-apocalyse ; l’amusant The Invisible Library de Genevieve Cogman, de la fantasy steampunk qui appelle sans doute des suites mais c’était fun ; et pour poursuivre dans les histoires de bibliothécaires magiques, je suis dans The Rabbit Back Literature Society de Pasi Ilmari Jääskeläinen – en anglais puisque pas traduit en français de toute manière, et la couverture m’avait attiré. Roman finlandais de fantasy urbaine disons, ou fantasy rurbaine pour être précis (petite ville, neige), amusant, intelligent, original, ça me fait penser à la fois à du Paasilinna et du Murakami, avec sans doute une pointe de Jonathan Carroll.

« Autumn seeped into the grass, plants and trees and gushed from the treetops up into the sky to cover the landscape. » (Pasi Ilmari Jääskeläinen)