#5006

Merveille du manque de mémoire : entre deux grandes rasades nocturnes du prochain Jaworski — je crois bien que le sommeil me fuit sur mes vieux jours —, je lis une petite série de polars situés à Oxford… ou bien les relis-je ? J’ai le vague souvenir d’avoir déjà binge-read cette série il y a longtemps, une vingtaine d’années disons, mais je n’en ai pas conservé de trace mentale, aussi agréables soient-ils pourtant. Et les ronds de cuir de Courteline, sûrement les connaissais-je déjà, lus du temps de mes travaux avec Mauméjean sur Sherlock Holmes ? Nul souvenir non plus et pourtant, je savoure tant le style que l’humour, venant d’en acquérir une jolie édition illustrée en grand format. J’entasse, je lis, je relis, c’est tout un ma foi.

#5007

Lente promenade du samedi matin, sous un ciel d’abord noir puis bleu – la pluie sous le soleil, spécialité locale. Admirer les mimosas en fleurs, les étoiles blanches déjà accrochées aux pruneliers, la chaussée vernie par l’azur, les grenouilles d’un étang, un château cerné de chants d’oiseaux, les canards bruyants et les oies familières d’un lac. Rive droite déserte, silence serein des coulées vertes.

#5006

Je suis cerné, ma pauvre petite maison frémit sous les vacarmes de travaux, de chaque bord : le logis de la défunte vieille dame a été repris par des Fanny & Guillaume qui ont tout détruit ; et de l’autre côté, la maison abandonnée ne l’est plus, reprise par des Fanny & Gaël qui ont… Ah oui, il y a comme un motif qui se dessine, là. Et si c’était cela, le véritable « grand remplacement », l’approche implacable de clones de jeunes couples hétéros tous semblables ? La ville a peur !

#5005

Des semaines comme des marathons, avec chaque jour au moins un obstacle à sauter, hop hop, de l’édition comme course d’épreuves, mais heureusement il commence à y avoir aussi quelques bonnes options. Sous la bruine froide et dans la bonne humeur. Et en lisant le sidérant nouveau Jaworski, vrai bonheur de lecteur avant de devenir, l’an prochain, un bonheur d’éditeur.

#5004

Sonorités liquides de la nuit. Réveillé sans raison, j’entends au dehors le frétillement d’une légère pluie nocturne qui pleure sur le vasistas et, au rez-de-chaussée, les gloussements d’eau d’un radiateur ainsi que le tintement discret de la fontaine des chats. Je rêvais de l’océan, il y a un instant, je crois. Dans l’obscurité une rumeur monte : c’est l’averse qui enfle, emplit la chambre du bruit maritime de sa cavalcade puis se calme à nouveau, redevient une simple respiration.