#5013

Une belle éclaircie entre deux jours de pluie intense, et tout ce que je trouve à faire c’est aller m’enfermer dans une salle obscure, moi qui n’avais pas mis les pieds dans un cinéma depuis, oh, disons 6 ou 7 ans je crois ? Enfin, je me suis également beaucoup promené, ai admiré une pie au jardin de la Benauge, visité un collège (journées portes ouvertes, la fille d’un ami tenait à ce que l’on vienne), appris d’un bouquiniste que la brocante Saint-Michel allait retourner sur les quais, et en sortant du film mes yeux saturaient dans le blanc, après un « Maigret » exagérément pénombreux. Joli hommage au personnage de Simenon, plein de petits clins d’œil / citations amusantes du corpus. Qualité téléfilm anglais, trop de gros plans, trop peu de lumière, mais agréable.

#5012

Trouver le temps d’écrire, c’est la grande question. Car cet été devrait me tenir plutôt éloigné de mon clavier, occupé à une tâche plus physique. Il me faut donc cravacher en ces mois creux afin primo de finir le « grand projet » qui m’occupe éditorialement ces jours-ci, puis il me faudra bosser sur une révision de traduction, avant d’enfin revenir à mes détectives et à mes dirigeables. D’ici là, je saisis toujours à la volée des bribes pour ne pas les oublier et, peut-être, ensuite, parvenir à compléter le puzzle. Exemples :
De temps à autre, Leni se penchait vers l’ombre verte où se heurtaient des barques. / L’odeur à la fois suave et amère du canal.

#5011

Abaissant le store de ma chambre, je fus surpris par la tête d’un géant qui me contemplait par-dessus la muraille de la résidence voisine. Une tête frisée et ronde, immobile dans la cendre du soir, seuls brillaient ses yeux dorés. Il s’agissait du feuillage du troène et des lueurs d’une fenêtre luisant derrière cet arbre, point hélas de quelque bienveillant Totoro bordelais.

#5010

Marcel Aymé, ECR Lorac et Simenon : rien de tel que de la bonne littérature pour trouver en soi un coin de calme, au lieu de se cogner aux parois de verre qui de partout nous enserrent. Et travailler à un très beau projet, aussi, de manière obstinée et régulière.

#5009

Promenade solitaire d’un samedi matin, par des rues blondes où l’oreille se tend afin de saisir ne serait-ce qu’un pas lointain, un grincement de volet, un ricanement de pie ou un chant de passereau. Deux parcs presque déserts, le jaune acide des jonquilles, les ruines d’un castel et les boulevards qui filent, grondant.