J’ai songé à Graham Joyce, tout à l’heure. L’un de ses romans s’intitule The Ghost in the Electric Blue Suit et comme je faisais une grande promenade en ville, je vis près de la librairie Mollat un homme planté immobile sur le trottoir, vêtu d’un costume-cravate… jaune fluo, vous savez, ce jaune-vert qui tire sur les yeux et semble piquer le réel. Je n’ai pas osé le photographier, les fantômes étant susceptibles. Mais de la flore des trottoirs, c’est la plus étrange que j’ai observé ce jour.
Archives de l’auteur : A.-F. Ruaud
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Le poète beat Lawrence Ferlinghetti nommait cela un « fish-sky at morning », et vraiment on a bien un ciel de poisson plein d’écailles : après pluie et tempête, le calme revenu, c’est ciel bas et gris ce matin, vaguement fumeux, un peu nervuré de lumière, mais le plaisir de marcher quand même dans les rues avoisinantes, pour songer à Bodichiev et son univers, son voyage à New York (car que serait un Bodichiev sans un peu de voyage ?) et les enquêtes sur des fantômes.
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Mon éditeur habituel voudrait que je lui écrives encore un autre roman de Bodichiev, un dixième volume. Je crois bien qu’il a gagné.#6134
Fin janvier prochain, les éditions Hervé Chopin lanceront la collection « L’Empreinte », que j’ai le plaisir de diriger. Il y avait une éternité que je rêvais d’une telle collection de polars « vintage » (je l’avais négociée il y a 20 ans chez Buchet-Chastel mais ça ne s’était finalement pas réalisé), et la mode actuelle du « cozy crime » fournit une opportunité idéale pour cela. L’occasion par conséquent de redécouvrir les inénarrables sœurs Bodin de ce cher Jean-Pierre Ferrière, et de découvrir les enquêtes de Colette par Raymond Las Vergnas et son épouse Anne-Marie Soulac (cette dernière n’était pas créditée lors de l’édition d’origine, alors que les manuscrits prouvent qu’il s’agissait bien d’une coécriture). En attendant d’autres jolies retrouvailles avec le roman policier français oublié.

