#6163

Il y a quelque chose de confortable dans la présence des publicités fantômes, dans leur douce nostalgie marchande. Il y a quelque chose de rassurant dans la vaste rumeur nocturne d’un convoi ferroviaire qui sonne et grince sur la voie toute proche, permanence d’une activité humaine. Il y a quelque chose de satisfaisant dans le dessin enlassant du double tronc d’un immense pin que des réaménagements urbains ont laissé triompher à l’échancrure de nouveaux immeubles. Il y a une poésie de l’effacement dans les mauvaises herbes des trottoirs, dans la poussière des caniveaux.

#6162

Les Mystères de l’Empire est un roman choral situé dans l’univers de Bodichiev, avec ce dernier parmi une cohorte de protagonistes / points de vue, sur un cataclysme qui secoue London et l’Empire anglo-russe. L’œuvre la plus ambitieuse dans ce cycle, dont c’est déjà le neuvième volume : du jamais vu pour une uchronie publiée en France. Toujours sous mon pseudonyme d’Olav Koulikov. (couverture par Timothée Rey)

Pour le commander en papier (éditions Koikalit)

Pour le commander en numérique (éditions Flatland)

#6159

Samedi dernier, je passais aussi devant la rue des Vivants et l’une des dernières ruines des entrepôts Motobloc, la firme bordelaise d’autos et motos. Et je lis le roman du même nom de Suzanne Martin, enfant de ses rues pauvres et ouvrières racontées dans une langue éblouissante d’invention et de « beauté inquiète », comme dit son rééditeur l’Arbre vengeur. De la belle littérature prolétaire, à l’écriture fascinante, mais infiniment triste.