#2718

Quand je suis arrivé à Bordeaux, il y a bientôt 5 ans, j’ai suggéré à différents copains et copines que l’on dîne ensemble une fois par mois, et on a fini par appeler ça le « Club de l’Hydre », en hommage au meilleur d’entre nous (celui qui a le plus de bouquins !). Hier soir, on a changé de crèmerie, passant de la librairie généraliste (avec bar) qui nous supportait depuis longtemps à une librairie de bédé (avec bar aussi) qui a la folie de nous accueillir désormais. Et c’était bien, chouette soirée. Voilà, c’est tout.

#2716

En route pour un vide-grenier, destination-prétexte.  Esquivant les boulevards, je passe par les artères molles de Pessac, un énorme figuier déborde du sommet d’un mur et lui répond de l’autre côté de la petite rue le débordement d’un olivier, couvert de fruits encore verts. Non loin de là, un pied de courge se tortille en larges boucles sur le trottoir. Au tournant de la rue Armand Fallières, les maisons basses s’abritent sous une double rangée de platanes pas bien hauts non plus, le quartier somnole comme dans le souvenir de cette troisième République. À l’extrémité d’une impasse, une passerelle arrondi son dos au-dessus de la voie ferrée, marches usées et treillis métallique, de là la ville dévoile son envers, des jupons fait de toits en taule, de briques sales et de jardinets en désordre. Que l’on passe l’image en noir et blanc et c’est le passé qui surgit.

#2676

Poursuite de mes lectures urbano-poétiques, avec ce recueil de souvenirs conseillé par mon archevêque de parrain. Mon propre Bordeaux appartient à deux époques : le milieu des années 80, où j’y fus étudiant, le Bordeaux de suie, et maintenant, pour y vivre, le Bordeaux blond — avec en quelque sorte une troisième époque qui se dessine actuellement, du fait des grandes constructions de Bacalan et d’Euratlantique, qui vont bientôt s’approcher de moi avec le nouveau pont de la Palombe et les bâtiments neufs annoncés dans la rue de la gare à la place de la rangée de gros marronniers, hélas. Ce livre-ci est intéressant en ce qu’il compare ma première époque (ce livre date de 1985) avec une autre, celle des années 50 de l’auteur, le tout dans le même style mauriacien que Suffran. Il qualifie même les chauffeurs de tramway de « wattman », terme oublié que l’on ne trouve plus que dans les vieux romans. C’est désuet, charmant, très emprunt comme il dirait, un peu moisi.